Par Kheireddine Boukhalfa—/–
La position officielle des États-Unis sur le conflit du Sahara occidental a fait l’objet de nouvelles précisions. Dans un entretien accordé à la chaîne Al Arabiya, diffusé le 18 avril, Massad Boulos, haut conseiller du président américain Donald Trump pour les affaires africaines et arabes, a nuancé l’interprétation de la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur ce territoire.
En effet, selon M. Boulos, la déclaration faite par l’ex-président Donald Trump en 2020, reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, n’est « ni absolue, ni fermée ». Elle laisse, au contraire, « la porte ouverte au dialogue » en vue d’une solution mutuellement acceptable entre Rabat et le Sahara Occidental. D’ailleurs, ce haut responsable, d’origine libanaise, a annoncé qu’il entamera prochainement une tournée au Maghreb, avec des escales prévues au Maroc et en Algérie. L’objectif de cette visite sera d’échanger sur le conflit sahraoui, qu’il a qualifié de « dossier en suspens depuis près de 50 ans ». « Nous attachons une importance particulière à une solution définitive pour les Sahraouis », a affirmé M. Boulos, rappelant la présence de « près de 200.000 réfugiés sahraouis en Algérie ». Il a également souligné que l’Algérie se montre disposée à soutenir toute solution qui aurait l’assentiment du Front Polisario. Pour rappel, ces déclarations interviennent quelques jours après que Washington a réitéré son soutien au plan d’autonomie marocain comme « base exclusive » de règlement du conflit, à l’issue d’un entretien entre le secrétaire d’État Marco Rubio et le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, le 8 avril dernier. Cette confirmation avait suscité la réaction d’Alger. Le ministère algérien des Affaires étrangères avait alors exprimé son « regret » face à cette position, rappelant qu’un membre permanent du Conseil de sécurité est censé « respecter la légalité internationale et les résolutions onusiennes ». Interrogé à ce sujet, Massad Boulos a tenu à modérer l’interprétation de la déclaration américaine. Il a réitéré que le plus important reste de parvenir à une « solution rapide, acceptable pour les deux parties », et assuré que les États-Unis poursuivent leurs efforts en ce sens. Concernant une éventuelle médiation entre Alger et Rabat, le conseiller s’est montré prudent, déclarant que les États-Unis souhaitent « les meilleures relations de voisinage » entre les deux pays, malgré des relations diplomatiques rompues depuis août 2021. « Le Maroc est un allié et un partenaire des États-Unis, mais nous souhaitons également entretenir d’excellentes relations avec l’Algérie. Nous allons œuvrer en ce sens », a-t-il affirmé. Ainsi, en soulignant que la solution doit être acceptée par les deux parties, soit le Maroc et le Polisario, Massad Boulos douche le Makhzen qui pensait le dossier plié après la visite de Bourita aux Etats-Unis et la déclaration de Rubio qui s’en est suivie, et dans laquelle il plaidait pour une « issue rapide » à ce conflit . Pour rappel, l’Algérie maintient sa position historique sur la question du Sahara occidental, qu’elle considère comme un dossier de décolonisation. Alger appelle régulièrement à des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario, et rejette toute implication formelle dans le processus, notamment via les « tables rondes » proposées par certains médiateurs internationaux. L’Algérie insiste sur la nécessité de respecter le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux résolutions de l’ONU et de son Conseil de sécurité.
