Par Kheireddine Boukhalfa—/—À l’heure où le tourisme saharien connaît un véritable essor, les autorités misent sur une stratégie ambitieuse pour faire du Grand Sud algérien une destination phare sur la scène internationale. Une volonté clairement exprimée par la Directrice générale de l’Office national du tourisme (ONAT), Mme Saliha Nacer Bey, qui affirme : « Il est temps que le Grand Sud algérien devienne une destination touristique mondiale, au vu de la diversité qu’il offre et de ses particularités. » En effet, invitée cette semaine sur les ondes de la Radio nationale, Mme Nacer Bey a dressé un tableau optimiste de la saison saharienne 2024-2025. Qualifiée d’« exceptionnelle » par la responsable, cette saison a vu une affluence inédite aussi bien de touristes nationaux qu’étrangers. « Pour la première fois, nous avons enregistré une affluence significative vers les 24 wilayas du Grand Sud, au-delà des destinations classiques comme Tamanrasset, Adrar et Timimoun », a-t-elle précisé. Cette embellie touristique n’est pas le fruit du hasard. Elle s’inscrit dans une dynamique impulsée par les efforts des pouvoirs publics, le renforcement du partenariat public-privé et une politique volontariste de promotion. En chiffres, le premier trimestre de la saison saharienne a enregistré près de 186.000 visiteurs, dont plus de 22.700 étrangers. Des indicateurs jugés « très encourageants » par la DG de l’ONAT. À l’échelle nationale, le pays a accueilli 3.548.405 touristes, avec 2.454.406 étrangers et 1.093.699 Algériens résidant à l’étranger. Une performance qui s’explique, selon Mme Nacer Bey, par « la coordination entre les acteurs du secteur et les efforts de promotion à l’international ».
Des infrastructures en plein développement
L’essor du tourisme passe également par l’amélioration des structures d’accueil. En 2024, 47 nouveaux hôtels ont été réceptionnés, ajoutant 4687 lits au parc hôtelier national. Et ce n’est qu’un début : 70 nouveaux projets sont prévus pour 2025, ce qui portera la capacité globale à 255.850 lits répartis sur 2143 établissements. Le secteur est aussi un important pourvoyeur d’emplois, avec plus de 100.000 postes directs, sans compter ceux générés par l’accueil chez l’habitant et l’artisanat. Parallèlement, 571 nouvelles agences de voyage ont été agréées, portant leur nombre total à 5570. Dans le domaine de l’artisanat, plus de 27.000 nouvelles activités ont vu le jour, générant 71.617 emplois, preuve que le tourisme irrigue plusieurs pans de l’économie locale. Mais pour transformer l’essai, l’Algérie doit encore relever le défi de la qualité de service. Un programme d’excellence a été mis en place afin d’élever le niveau des prestations touristiques. À ce titre, les déclarations du président de la République lors de la dernière rencontre des opérateurs économiques résonnent encore : « L’investissement dans le tourisme demande un sacrifice de la part de l’investisseur». Tout en saluant les efforts accomplis, Abdelmadjid Tebboune a tenu à rappeler que « ce n’est pas l’infrastructure qui fait le tourisme en premier lieu, mais l’accueil ». Et de conclure par une remarque pleine de bon sens : « Ceux qui ont la colonne vertébrale rigide ne peuvent pas travailler dans le tourisme. Il faut avoir une colonne vertébrale souple». Le Grand Sud algérien, avec ses paysages uniques, sa richesse culturelle et son hospitalité ancestrale, a tous les atouts pour devenir une destination incontournable. Encore faut-il capitaliser sur cette dynamique, former davantage les acteurs du secteur et continuer à investir intelligemment. Car le vrai défi n’est pas seulement d’attirer les touristes, mais de leur donner envie de revenir.
