Lors d’un entretien au Nouvel Observateur Benjamin Stora s’est montré sceptique en ce qui concerne une amélioration prochaine des relations entre la France et l’Algérie.
Il accuse ouvertement Bruno Retaillau d’en être la cause. Pour l’historien, le ministre de l intérieur croit encore en cette période où l’Algérie était divisée en trois départements qui dépendaient du ministère de l’intérieur de la France coloniale. La pensée de cet homme est absolument rétrograde. L’hostilité qu’il manifeste envers l’Algérie est tout simplement effarante. Le gouvernement algérien n’a cure de ce personnage et affiche un mépris souverain à son égard en ignorant tout ce que dit ce ministre de l’intérieur. Conscient de cela Retaillau fulmine et répand sa colère sur les Algériens résidant en France qu’ils soient en situation régulière ou non. Il ne s’embarrasse même pas d’étendre sa hargne aux franco –algériens et ces derniers le sentent aujourd’hui a travers des gestes, paroles et calembours d’une frange de la société française. Une telle situation si elle perdure risque de créer une fissure encore plus profonde entre les deux pays. Cette crainte de Benjamin Stora est fondée. Des paroles racistes du genre« sale arabe« et dont les victimes sont algériennes reprennent de la vigueur ces derniers temps. On n’avait jamais vu cela depuis une cinquantaine d’années autrement dit au cours des années soixante dix. Pour le moment l’Elysée ne réagit toujours pas aux outrances du ministre de l’intérieur. C’est le statu quo à Alger c’est aussi l’absence de réaction. Jusqu’à quand cela va t-il durer. L’Algérie est résolue et déterminée à ne pas céder d’un pouce ce qu’elle a présenté comme argument lors du déplacement à Alger de Jean Noel Barrot. Le président Tebboune a réellement tendu la perche à Emmanuel Macron, lui faisant même miroiter la possibilité d’une rencontre en tête à tête lorsque tout sera réglé entre les deux pays. Le président algérien a même invité Benjamin Stora à Alger pour relancer le dossier mémoriel. Finalement c’est Bruno Retaillau qui a gagné le match. En réalité c’est au détriment de la France et c’est en fait ce qu’il a toujours voulu. Ce ministre, s’ il continue d’être au gouvernement et agir comme il l’entend enterrera définitivement tout espoir de réconciliation entre les deux pays. En ce qui concerne l’Algérie l’idée même d’un retour à la situation d’avant la crise semble exclue tant que l’actuel ministre de l’intérieur reste aux commandes. Exiger son départ cela donne une impression d’ingérence or l’Algérie a pour principe le devoir de non ingérence dans les affaires d’un pays. Par contre ce qui advient à notre communauté établie en France cela ne la laisse aucunement indifférente. De plus en plus le gouvernent algérien multiplie les contacts avec les représentants les plus en vue de la diaspora, les incitant à investir en Algérie dans des conditions exclusivement attractives. Alger encourage les leaders d’opinion franco-algériens à l’instar de Zeribi le marseillais très apprécié par la communauté algérienne et qui ne mâche pas ses mots dans les plateaux télés en usant de ce langage de vérité qui dérange souvent les français. Pour le moment il n’ ya rien d’autre à faire. Une chose est sûre les Algériens établis en France ne se laisseront pas faire. Ils l’ont suffisamment démontré de par le passé.
