Amar Bendjama, le diplomate des peuples opprimés

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Par Mohamed Tahar Aissani—/—Dans l’enceinte solennelle des Nations unies, il est des voix qui ne se contentent pas d’occuper l’espace, mais qui portent l’écho d’une histoire, d’une dignité et d’un peuple. Amar Bendjama, fils de Skikda et enfant de l’Algérie indépendante, incarne cette présence rare, où l’expérience diplomatique se conjugue à l’éthique et où la parole devient un instrument de résistance face aux injustices du monde.

Plus qu’un diplomate de carrière, il est aujourd’hui la figure centrale de l’école diplomatique algérienne, une école forgée dans le creuset de la lutte anticoloniale et nourrie par une fidélité absolue aux valeurs universelles de liberté et de souveraineté. Depuis sa nomination le 11 avril 2023 comme représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Amar Bendjama a su redonner à la voix algérienne son timbre clair et son autorité morale. La coïncidence de cette nomination avec l’élection de l’Algérie comme membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2024-2025 n’est pas qu’un hasard du calendrier, mais bien une mise en cohérence de l’histoire et de la mission. Le diplomate, fort de décennies de carrière sur plusieurs continents — d’Addis-Abeba à Londres, de Tokyo à Bruxelles, de Paris à New York — s’est trouvé à l’endroit même où la conscience universelle exige d’être défendue. Ses discours, empreints d’éloquence mais dénués de grandiloquence, rappellent que la diplomatie algérienne n’a jamais été une diplomatie de façade. Lorsqu’il plaça le drapeau national dans l’espace réservé aux déclarations du Conseil de sécurité, il y plaça bien plus qu’un symbole : l’engagement inébranlable de l’Algérie à défendre la paix, à porter la voix des opprimés, et à exiger l’application du droit international dans un monde où celui-ci est trop souvent bafoué. «L’Algérie sera la voix des peuples opprimés et sous domination coloniale», affirma-t-il, inscrivant ainsi sa mission dans la continuité des positions historiques de son pays sur la Palestine, le Sahara occidental, ou encore toutes les causes justes qui traversent les continents. Bendjama est un homme de constance et de mémoire. Il n’a jamais oublié que la diplomatie algérienne se nourrit d’un héritage : celui d’avoir accueilli Yasser Arafat à Alger, d’avoir été le théâtre de la proclamation de l’État palestinien en 1988, d’avoir toujours refusé les pressions des puissances dominantes. Son parcours personnel, jalonné de responsabilités à l’ONU, à l’Union européenne, à l’OTAN, et dans des chancelleries prestigieuses, lui a conféré une maîtrise exceptionnelle des rouages diplomatiques. Mais ce qui le distingue n’est pas seulement sa compétence : c’est sa capacité à allier l’art de la négociation à l’art de la conviction, à faire de la tribune onusienne un espace où résonne non pas la voix d’un homme, mais celle d’un peuple. Son intervention face au génocide de Ghaza en 2025 restera comme l’une des pages les plus marquantes de son parcours. Rarement un diplomate aura osé prononcer un « pardonnez-nous » devant les caméras du monde, reconnaissant l’échec collectif du Conseil de sécurité à protéger les innocents. Dans un monde saturé de discours convenus, cette formule a eu la force d’un électrochoc moral. Elle a rappelé que la diplomatie peut aussi être une arme de vérité, une manière de fissurer le mur de l’impunité par la seule puissance des mots. Ses collègues du Conseil de sécurité, y compris ceux issus de nations puissantes, lui vouent respect et considération. Beaucoup le considèrent comme une véritable lumière dans une institution trop souvent prisonnière des rapports de force. Son nom circule déjà dans les couloirs des chancelleries comme celui d’un potentiel lauréat du prix Nobel de la paix, tant son engagement en faveur du multilatéralisme et du règlement pacifique des conflits semble incarner l’idéal que les Nations unies prétendent servir. Choisi et plébiscité par le président Abdelmadjid Tebboune pour porter la voix de l’Algérie dans ce moment historique, Amar Bendjama est plus qu’un ambassadeur : il est une conscience diplomatique. Son charisme, son argumentaire précis, son éloquence mesurée et sa fidélité à des principes non négociables en font un acteur incontournable de la scène internationale. Humaniste avant tout, il s’adresse aussi bien aux peuples qu’aux gouvernements, convaincu que la diplomatie ne se limite pas aux jeux d’appareil, mais qu’elle doit rester une affaire de vérité et de justice. Aujourd’hui vice-président du Conseil économique et social des Nations unies, il poursuit son œuvre avec la même constance. À travers lui, l’Algérie rappelle au monde qu’il existe une autre manière de faire de la diplomatie : une manière où le verbe se fait rempart, où la dignité des peuples devient la boussole, et où l’histoire nationale se projette dans l’universel. Amar Bendjama n’est pas seulement le diplomate de l’Algérie. Il est, pour beaucoup, la lanterne d’un monde en quête d’équité. Dans une époque marquée par le cynisme des puissances et les reculs du droit, il incarne l’idée que la diplomatie peut être, encore et toujours, un combat moral. L’Algérie, par sa voix, continue de dire au monde : la justice n’est pas négociable, et l’opprimé ne restera jamais sans défense.

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