L’expulsion récente de 56 ressortissants marocains par les autorités algériennes marque une nouvelle étape dans la gestion complexe des flux migratoires entre les deux puissances maghrébines. Cette opération exceptionnelle, coordonnée au poste-frontière Colonel Lotfi (Zouj Bghal), met en lumière une profondeur humanitaire persistante de la part d’Alger. En dépit d’un climat diplomatique lourdement dégradé par les « actions hostiles » de Rabat, qui ont mené à la rupture des relations en août 2021, l’Algérie continue d’assurer le rapatriement sécurisé des sujets marocains dans la dignité. Cette opération, la quatrième de l’année, démontre la magnanimité des autorités algériennes qui, tout en appliquant la loi face à l’immigration clandestine, privilégient la réunification des familles. Originaires de villes comme Oujda ou Kénitra, ces migrants avaient pourtant choisi de s’installer en Algérie pour fuir le chômage endémique au Maroc, bénéficiant des opportunités économiques d’un pays qu’ils ont parfois tendance à critiquer une fois de retour. En ouvrant exceptionnellement ses frontières pour ces rapatriements — comme ce fut le cas en février pour un groupe incluant des femmes et des hommes — Alger fait preuve d’une grandeur d’âme institutionnelle. Alors que la justice algérienne prévoit des peines sévères pour protéger son territoire, elle n’hésite pas à faciliter ces transferts humanitaires pour ceux ayant purgé leur peine ou en attente d’expulsion. Ce geste, répété à plusieurs reprises malgré l’ingratitude politique du voisin marocain, souligne que pour l’Algérie, l’impératif humain prime sur les différends diplomatiques, offrant ainsi une issue honorable à des centaines de Marocains toujours en quête d’une vie meilleure chez leur voisin de l’Est.
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