La récente séquence diplomatique entre Alger et Paris, marquée par la visite de Gérald Darmanin et les prises de position de Stéphane Romatet, a le mérite de la clarté : la relation bilatérale ne pourra se reconstruire sur des non-dits. Au cœur des crispations, un dossier ne cesse de parasiter les échanges : le sort des individus condamnés par la justice algérienne pour détournement de deniers publics, aujourd’hui réfugiés en France sous le voile de l’asile. Longtemps perçus comme des pions stratégiques, ces personnages deviennent aujourd’hui des «encombrants» diplomatiques. Pour les autorités algériennes, la question n’est plus sujette à négociation: la coopération judiciaire est le test de vérité de la sincérité française. Il est devenu insoutenable, pour Alger, de voir ces fugitifs jouir d’une impunité de fait, alors même que les traités d’extradition, signés entre les deux pays, dorment dans les tiroirs de la chancellerie française. Pour Paris, l’équation est devenue un poison à retardement. D’un côté, l’exécutif, conscient des impératifs stratégiques et sécuritaires, sait qu’il ne peut plus ignorer la demande algérienne sans risquer une nouvelle rupture. De l’autre, il est pris en otage par une classe politique hexagonale, à droite et à l’extrême droite, qui instrumentalise ces individus pour nourrir une rhétorique anti-algérienne. Mais cette protection de façade ne pourra durer éternellement. À force de servir de monnaie d’échange dans les querelles politiciennes françaises, ces «protégés» ont fini par devenir des poids morts pour la diplomatie française. La réalité est brutale : leur avenir dépend désormais moins de leur protection juridique que de l’état de santé de la relation avec Alger. Si Paris persiste dans l’inertie, il condamne le partenariat à une stagnation durable. Si, au contraire, la France décide de privilégier la souveraineté de sa justice sur les calculs de plateaux télévisés, ces profils controversés pourraient rapidement se retrouver en sursis. Le risque, pour ces individus, est d’ailleurs tout entier contenu dans l’échéance électorale de 2027. Ils croient peut-être bénéficier d’une bienveillance durable, mais ils oublient que le populisme est un prédateur insatiable. Si les forces politiques qu’ils espèrent voir prendre le pouvoir venaient à s’imposer, elles ne leur feraient aucun cadeau. Pour démontrer leur « fermeté » et satisfaire leur électorat, ces nouveaux maîtres de Paris pourraient, du jour au lendemain, troquer ces anciens alliés de circonstance contre une poignée de mains à Alger. En attendant, ils stagnent dans une zone grise, observés par une Alger qui ne demande plus de promesses, mais des actes. La diplomatie n’est pas un jeu de dupes. Le temps où ces profils pouvaient se croire intouchables touche à sa fin. Désormais, ils sont les otages d’une équation simple : une normalisation véritable avec l’Algérie ne saurait se bâtir en protégeant ceux qui ont pillé ses ressources. La France devra choisir, et ce choix sera sans doute moins clément que ce qu’ils imaginent. Cette obsession anti-algérienne, portée par des éditorialistes convertis en tribuns de la haine, ne nourrit pas seulement les polémiques : elle paralyse une diplomatie française déjà fragilisée. Au-delà des plateaux de la galaxie Bolloré, cette entreprise de déstabilisation est activement relayée par des figures comme Hichem Aboud, Anouar Malek, Amir DZ, Mohamed Sifaoui, Chawki Benzohra, Abdesselem Bouchouareb et leurs consorts. Ces derniers, depuis leurs bases arrière en France, ont fait de la diffamation contre les institutions algériennes un fonds de commerce permanent. En instrumentalisant chaque dossier judiciaire ou politique, ils tentent d’imposer une méthode forte et belliqueuse qui, loin de servir les intérêts des deux peuples, ne fait qu’alimenter un climat délétère et une rupture durable. »
