Les législatives 2026-Un constat implacable:
 Les partis n’ont plus la cote

0
11

La loi sur les partis politiques, dont l’objectif était de remettre de l’ordre dans la vie politique de cette « nouvelle Algérie », n’a pas réussi à susciter un sursaut citoyen ni à redonner le goût de l’engagement. En s’abstenant massivement de voter pour l’élection des députés à l’APN, une majorité d’électeurs a tourné le dos, non pas au vote en soi, mais à ceux qui étaient censés les représenter. L’enthousiasme d’antan a disparu. La déception ne cesse de croître et elle ne vise pas tant la nouvelle direction politique que le mécanisme de représentation populaire lui-même. Si la verticalité du pouvoir est omniprésente, son horizontalité, elle, demeure invisible. Pour le citoyen lambda, le seul moteur du progrès et de l’amélioration du cadre de vie reste le Président de la République et le gouvernement qu’il nomme. Le Parlement, quant à lui, semble se limiter à entériner les décisions de l’exécutif. Pourtant, la Constitution amendée consacre la séparation des pouvoirs et stipule que les deux chambres devraient avoir le dernier mot. Dans la réalité, le législatif n’a jamais exercé cette prérogative avec fermeté, se contentant d’une approbation systématique. Fort heureusement, l’actuel chef de l’exécutif porte une volonté réelle de servir le peuple et de mener le pays vers l’émergence. Mais cette dynamique sera-t-elle pérenne ? C’est une question qui, à ce jour, demeure sans réponse. Cette léthargie du pouvoir horizontal s’explique en grande partie par l’absence d’une culture partisane. La plupart des partis ont privilégié une présence ostentatoire et purement figurative, délaissant le militantisme de terrain. Dans l’Algérie actuelle, aucune ligne politique claire ne se dessine. Les concepts de « droite » et de « gauche » ont été gommés, alors même que la société est traversée par des clivages socio-économiques profonds : la classe populaire des salariés, la classe moyenne des fonctionnaires et commerçants, et une catégorie aisée au niveau de vie largement supérieur. Jadis, au lendemain de l’indépendance, la conscience de classe était présente et animait les luttes sociales. Il existait une vie partisane militante qui défendait les acquis des différentes catégories sociales. À l’époque, même en l’absence d’un parlement multipartite, le pouvoir exécutif restait à l’écoute de la rue et des militants qui la représentaient. La liquidation de cette vie partisane a précipité les formations politiques dans un formalisme stérile, au point que les véritables militants se comptent aujourd’hui sur les doigts d’une main. Le désintérêt des jeunes pour ces structures est frappant. Ces derniers préfèrent s’exprimer sur les réseaux sociaux, trouvant dans les partis politiques des enceintes verrouillées où la parole libre n’a plus droit de cité. Tant que les partis ne s’investiront pas dans un militantisme quotidien, ininterrompu et sincère, plutôt que dans une action purement circonstancielle, le vote citoyen restera, hélas, sacrifié sur l’autel de l’indifférence.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici