L’Algérie au cœur des convoitises européennes:
Les enjeux d’une nouvelle ère diplomatique

0
10

Jamais l’Algérie n’a été autant courtisée à l’échelle européenne qu’en cette année. Et il ne s’agit pas de n’importe quels pays, mais de l’Allemagne, première puissance économique de l’Union européenne, de l’Italie et de l’Espagne. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, se rendra à Berlin le 16 juillet prochain sur invitation de son homologue allemand, le président de la République fédérale d’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier.

C’est une visite d’État, mais aussi une visite de travail d’envergure, car la délégation algérienne qui accompagne le chef de l’État est particulièrement importante par la qualité de ses membres. Au-delà des discussions politiques concernant la marche du monde, les dossiers économiques occuperont une place prépondérante. Il sera notamment question d’un partenariat renforcé entre les deux pays. Les discussions graviteront autour de l’énergie dans toute sa diversité : livraisons de gaz, hydrogène vert, mais aussi coopération accrue dans le domaine des énergies renouvelables. Cependant, les échanges ne se limiteront pas au secteur énergétique ; l’industrie sera également au premier plan. Les Allemands ont observé avec beaucoup de sérieux la dynamique de développement et de croissance de l’Algérie. Ils ont suivi de près les secteurs attrayants et à fort potentiel, notamment l’industrie automobile. Le ministère algérien de la Défense nationale ayant déjà conclu d’importants contrats avec Mercedes-Benz, le gouvernement algérien souhaiterait désormais étendre ces partenariats au secteur civil en attirant d’autres marques prestigieuses allemandes vers le marché national, considéré actuellement comme le plus prometteur d’Afrique. De leur côté, les Allemands seraient disposés à accompagner l’industrie automobile naissante de l’Algérie par un transfert de technologie ambitieux, visant à atteindre un taux d’intégration supérieur à 40 %, ce qui est loin d’être négligeable. Ainsi, la présence économique de l’Allemagne, dont le sérieux suscite l’admiration à travers le monde, représente la meilleure garantie de réussite. Elle aura un effet d’entraînement majeur pour les autres pays de l’UE, qui ne voudront pas rester en marge.

Le retour en grâce des relations avec Madrid

Une semaine après la visite du chef de l’État algérien en Allemagne, celle du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, à Alger est perçue à l’échelle européenne comme une grande marque de confiance envers l’Algérie. Le fait même que Sánchez se rende en personne à Alger est le signe le plus tangible d’une reprise sans aucun nuage des relations exceptionnelles entre Madrid et Alger. Pour rappel, le chef du gouvernement espagnol avait été à l’origine de la brouille sérieuse qui avait mis fin à un partenariat algéro-espagnol pourtant jugé historique. L’alignement de Pedro Sánchez sur les thèses marocaines concernant le Sahara occidental avait jeté un froid glacial sur les relations bilatérales. C’est aujourd’hui une page tournée, ce qui, soit dit en passant, doit faire grincer les dents de Mohammed VI en voyant son « ami » Sánchez se rendre chez son rival direct. Cela doit également irriter Emmanuel Macron, qui voit l’influence de la France s’estomper de jour en jour pour finir par s’effacer, actant ainsi la fin du fameux « pré carré » français en Algérie.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici