Affaire des visas accordés aux Algériens:
Emmanuel Macron désavoue son ambassadeur

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C’est au tour d’Emmanuel Macron de démentir Stéphane Romatet, l’ambassadeur de France en Algérie, qui avait laissé entendre que le nombre de visas accordés aux Algériens pourrait ré-atteindre son niveau d’avant la crise, soit environ 250 000 par an. Avant le président français, c’est Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, qui a devancé le chef de l’État en annonçant qu’il n’était aucunement question d’accorder un seul visa supplémentaire par rapport au quota actuel. À ce stade de l’affaire, Stéphane Romatet va-t-il perdre son poste et être remplacé ? Tout laisse à penser que cela ne se fera pas dans l’immédiat, afin d’éviter que son départ ne soit perçu comme une sanction directe contre un diplomate apprécié par les autorités algériennes pour son franc-parler et son affection affichée pour l’Algérie. Un statu quo de circonstance sera donc maintenu, mais jusqu’à quand ? Une chose est certaine : si Stéphane Romatet est rappelé à Paris, ce sera pour lui signifier son remplacement, marquant ainsi la fin de sa carrière diplomatique. Avec ce désaveu d’Emmanuel Macron vis-à-vis de l’un de ses diplomates, la démonstration de la faiblesse de l’Élysée face à la droite est faite. Il n’y a désormais plus aucun doute quant à une éventuelle réévaluation des rapports entre Paris et Alger : la page entre l’Algérie et la France est bel et bien tournée. La suite sera connue après les résultats de l’élection présidentielle française au printemps 2027. D’ici là, nous n’assisterons qu’à du bricolage diplomatique, guère plus. Le prochain président ou la prochaine présidente de la République française donnera le ton. Si, comme les sondages le confirment souvent, bien qu’ils se trompent parfois, l’extrême droite et Marine Le Pen accèdent à l’Élysée, on pourra affirmer en toute certitude que toutes les illusions d’un simple passage à vide au terme duquel les relations reprendraient normalement s’effondreront définitivement. Il y aura un avant et un après 2027. Les Franco-Algériens devront s’attendre à une série d’humiliations qu’ils n’auront d’autre choix que d’affronter. Leur seule alternative sera la résilience, et celle-ci aura un prix très élevé. L’autre option sera le retour au pays tout en conservant leur citoyenneté française. Une démarche qui ne sera pas aisée, car ils devront se rendre périodiquement en France pour justifier du maintien de leur nationalité. Si la droite ou l’extrême droite arrivent au pouvoir pour le quinquennat suivant 2027, le calvaire de la communauté algérienne installée en France sera plus intense que jamais. Et l’on parle ici de nos compatriotes binationaux. Quant à ceux disposant de titres de séjour de longue durée, ils attendront avec angoisse l’échéance de leur document, sachant qu’il ne sera certainement pas renouvelé. Le reste de notre diaspora connaîtra, pour sa part, le sort le plus sombre des relations franco-algériennes depuis l’accession de l’Algérie à l’indépendance. L’État algérien, et particulièrement le président Abdelmadjid Tebboune, anticipent déjà ce scénario accablant qui touchera, d’une manière ou d’une autre, les Algériens résidant en France. Il y aura bien sûr des mesures de réciprocité, mais celles-ci resteront principalement diplomatiques : on ne peut faire la guerre à un pays qui vous signifie simplement qu’il ne vous aime pas et ne vous a jamais aimé. Dès à présent, nos concitoyens qui s’imaginent que leur situation restera inchangée doivent changer de perspective. Ceux qui croient qu’après 2027 ils obtiendront leur visa pour se rendre en France sans encombre doivent d’ores et déjà se faire à l’idée qu’un tel rêve appartient désormais au passé.

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