Visas et dossier mémoriel:.Les vérités du président Tebboune sur les relations avec la France

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Lors de sa rencontre mensuelle avec les médias nationaux diffusée hier soir à la télévision nationale, le président Tebboune a répondu à la question relative aux visas accordés par la France aux Algériens. Sa réponse est sans ambiguïté : « Je n’ai jamais posé dans les discussions avec la France la question des visas. » Comme d’accoutumée, le chef de l’État ne s’embarrasse pas pour préciser certains détails concernant les relations de l’Algérie avec la France. Au sujet des visas et de ces fameux quotas, la réponse du Président est incisive : « Je veux d’abord répondre à notre opinion nationale avant « nos amis français ». Je n’ai jamais abordé la question de l’octroi des visas. Toutes les discussions que j’ai eues avec les Français n’ont jamais fait allusion aux visas ou à ce qu’on appelle les quotas. » Cette précision est d’une exemplaire clarté. Elle met fin à toute la polémique qui n’a pas tardé à voir le jour lorsque l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, accordant une interview au site électronique algérien d’information TSA, a répondu à une question concernant l’octroi des visas en fournissant une réponse qui a provoqué un tollé en France. La réponse de l’ambassadeur dont on ne sait toujours pas si elle était fondée ou s’il s’agissait d’une spéculation de sa part faisait état d’une augmentation prochaine de l’octroi de visas aux Algériens, laissant entendre qu’elle pourrait atteindre le nombre de 250 000 visas par an. Face à l’indignation des partis de la droite française, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, d’abord, puis le président français ensuite, se sont empressés de démentir les propos de Stéphane Romatet. La réponse que vient de donner le président Tebboune met donc fin à une controverse qui n’avait pas lieu d’être. Répondant à la question relative au dossier mémoriel, le chef de l’État a déclaré sans ambages : « Je n’ai jamais exigé de la France qu’elle nous fasse des excuses, ni demandé d’indemnisations. Nous ne sommes pas de ces pays qui font la manche. » Autrement dit, et si nous saisissons bien la pensée du président de la République, l’Algérie considère aujourd’hui la France comme un pays avec lequel elle entretient de bonnes relations, mais sans lien privilégié avec le passé. Pour l’Algérie, la France est désormais placée au même niveau que l’Italie, l’Espagne et d’autres pays européens. L’exclusivité, quant à elle, se mérite et se concrétise sur le terrain. En un mot, même si le terme n’est pas explicitement prononcé laissant aux Français le soin de le faire, le divorce est bel et bien consommé entre ces deux pays qui, depuis plus d’un demi-siècle, ont cru à une forme d’union qui n’en a jamais été une. Ces clarifications apportées par le président Tebboune ont le mérite de faire comprendre, d’abord à nos compatriotes d’ici et d’ailleurs, que rien ne sera plus comme avant entre l’Algérie et la France, et qu’ils doivent dès à présent se préparer à un changement de mentalité et de comportement. Sans aller jusqu’à une rupture qui nuirait d’ailleurs davantage à la France qu’à l’Algérie, il ne faudrait pas pour autant se morfondre dans la nostalgie d’un passé qui a causé plus de mal que de bien aux deux peuples.

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