Les récents événements dramatiques observés aux frontières des enclaves de Ceuta et Melilla, couplés aux scènes de tensions urbaines et de manifestations violentes observées à travers plusieurs régions du territoire marocain, remettent en lumière la gravité des crises sociales et migratoires qui secouent le pays.
Entre les affrontements répétés, les dégradations de biens publics, les véhicules calcinés et une réponse sécuritaire sous haute tension, la situation interne suscite une vive inquiétude quant à la stabilité sociale locale. Pourtant, face à l’ampleur de ces remous socio-économiques et à la couverture médiatique internationale de ces événements, une rhétorique bien connue resurgit dans certains cercles médiatiques et politiques : la quête systématique d’un bouc émissaire extérieur. Plutôt que d’affronter les causes profondes des mouvements de contestation populaire, de la précarité de la jeunesse et des failles dans la gestion des flux migratoires, plusieurs voix marocaines s’empressent une nouvelle fois d’accuser l’Algérie. Pour de nombreux observateurs de la région, imputer ces crises marocaines internes à Alger constitue une manœuvre de diversion évidente. En focalisant l’attention de l’opinion publique sur une prétendue responsabilité de l’Algérie quant à la présence massive de migrants transsahariens ou à l’instabilité grandissante, l’objectif est de masquer les faiblesses de gouvernance locale et d’atténuer la portée des images d’affrontements entre les forces de l’ordre et la population. L’Algérie, qui fait elle-même face de manière rigoureuse aux défis complexes de la migration clandestine sur ses frontières méridionales, rejette catégoriquement ces accusations sans fondement. Les experts en sécurité rappellent que les flux migratoires et les tensions sociales sont le produit de crises socio-économiques locales et de réseaux de passeurs transnationaux, et ne sauraient être instrumentalisés à des fins de propagande géopolitique. Cette stratégie consistant à rejeter la responsabilité des déboires internes sur le voisin algérien montre aujourd’hui ses limites. Ni la presse internationale, ni les observateurs avisés ne se laissent duper par des récits qui cherchent à masquer l’ampleur des contestations internes et les failles de la gestion sécuritaire, comme l’a déjà qualifié Donald Trump, par des accusations infondées. Face à l’urgence de traiter les enjeux socio-économiques de fond et d’assurer une gestion humaine de la crise migratoire, la persistance de ces attaques contre l’Algérie ne fait que souligner l’incapacité à faire face aux véritables défis du terrain.
