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Invitée de Sonia Mabrouk, qui a quitté CNews pour rejoindre BFMTV, Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie et candidate à la primaire du Parti socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2027, a dit ses quatre vérités sur l’Algérie : un pays en pleine croissance et très courtisé, a-t-elle souligné. Sauf par la France, a-t-elle regretté, en déclarant que son pays a perdu toute crédibilité auprès des Algériens, un point de vue qu’elle partage entièrement. La vérité, selon Mme Royal, c’est que la France est en chute libre sur le terrain économique algérien, et ce, dans des secteurs qui lui étaient pourtant traditionnellement réservés. Aujourd’hui, a souligné l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007, les industriels français sont désespérés par leur absence en Algérie, alors que d’autres nations concurrentes investissent massivement. La perte d’influence économique française y est devenue considérable. Sonia Mabrouk, dont on ne soupçonne guère l’indulgence particulière envers l’Algérie, bien que d’origine tunisienne, pays dont le président et la grande majorité des citoyens considèrent l’Algérie comme une seconde patrie, a tenté de recentrer les débats en citant Sarah Knafo, compagne d’Éric Zemmour et vice-présidente de son parti. Cette dernière qualifiait Ségolène Royal de «totalement soumise au pouvoir algérien». La réponse de Mme Royal a fusé, sans détour et parfaitement décomplexée : « Je ne dialogue pas avec les algérophobes qui passent leur temps à proférer des mensonges et à propager des rumeurs sans fondement. En parlant de soumission, est-ce que l’Italie est soumise à l’Algérie quand elle décroche des contrats gaziers et agricoles qui font rêver nos industriels ? Est-ce que les États-Unis, qui n’ont jamais été historiquement proches de l’Algérie, le sont lorsque des centaines de leurs entreprises s’y implantent ? Enfin, est-ce que l’Allemagne est soumise à l’Algérie lorsqu’elle signe des partenariats majeurs dans le gaz, l’hydrogène vert et l’énergie solaire ? Si c’est cela, nous, Français, aimerions bien l’être ! » Ces propos n’ont pas trouvé de réplique convaincante de la part de Sonia Mabrouk, vite passée à un autre sujet. Ségolène Royal a cependant enchaîné, ne laissant pas le temps à son interlocutrice de conclure, pour exprimer sa déception immense face à un tel gâchis dans les relations bilatérales. Diffusée à une heure de grande écoute sur une grande chaîne d’information française, cette intervention a remis les pendules à l’heure face au flot de critiques souvent mensongères véhiculées par les médias français, publics comme privés. Une mise au point qui a sans doute fait grincer des dents les nostalgiques d’une Algérie perçue trop longtemps comme une chasse gardée.

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