Boulos Massad, conseiller du président des États-Unis pour les affaires africaines et le monde arabe, a fait escale à Alger où il a été reçu, à sa demande, par le président Tebboune. À l’issue de cet entretien, et selon le communiqué transmis par le service de communication de la Présidence de la République, nous avons appris que l’échange entre le chef de l’État et Boulos Massad s’est révélé fructueux et plein de promesses.
Ainsi, les discussions ont porté sur trois sujets majeurs : La sécurité au Sahel, avec une coopération étroite entre les autorités américaines et algériennes chargées de la sécurité transnationale ; L’amélioration substantielle du climat d’affaires, permettant aux entreprises américaines d’investir dans des conditions idéales en Algérie ; Le renforcement de la présence des compagnies américaines dans le domaine de l’énergie. On y a donc parlé beaucoup plus de business que de politique. En réalité, cela reflète la vision de Donald Trump, qui a toujours été axée sur l’économie, surtout lorsque les Américains y trouvent leur compte. Washington a compris, peut-être avec du retard, que cette Algérie qu’elle avait boudée durant des décennies se révèle être un géant en Afrique, dans toute l’acception du terme. Une croissance soutenue qui ne cesse de s’amplifier, un sol et un sous-sol regorgeant de matières premières que les États-Unis veulent acquérir, ainsi qu’un climat d’affaires plus favorable qu’il ne l’a jamais été auparavant. Cependant, la raison principale, bien que non avouée explicitement, reste la présence de la Chine en Algérie et plus largement en Afrique, où son influence ne cesse de s’étendre. En effet, les Chinois sont positionnés dans des secteurs économiques hautement stratégiques. Les Américains l’ont bien compris, et leur ambition consiste à freiner cet élan chinois vers l’Algérie, un pays appelé à devenir, d’ici une dizaine d’années, la première puissance économique du continent africain. Le calcul est simple dans l’esprit des décideurs américains : faut-il laisser faire les Chinois ou être présent sur place pour contrecarrer leur avancée fulgurante en Afrique ? C’est précisément ce dilemme qui a poussé Donald Trump à prêter l’oreille à des conseillers économiques de premier plan. Ces derniers lui ont parlé de cette Algérie qu’il connaissait peu, mais dont il entendait de plus en plus parler. D’où la décision de faire appel à l’un de ses amis les plus proches pour tâter le terrain. Ce dernier s’est déjà rendu sur place à trois reprises et a toujours donné la même réponse au président américain, que l’on pourrait résumer par : « Ça vaut le coup ». Cette fois-ci, néanmoins, il ne s’agissait pas uniquement d’observer le terrain, mais de proposer des partenariats solides susceptibles d’intéresser l’Algérie. Boulos Massad, qui avait déjà été reçu par le président Tebboune lors de sa première tournée maghrébine, a effectué cette fois une escale spécifique à Alger et a demandé à être reçu par le président algérien. Visiblement, l’émissaire américain repartira vers Washington pleinement satisfait : de son point de vue, l’Algérie entend diversifier au maximum ses partenariats économiques et ne veut pas dépendre d’un seul pays pour réaliser son ambition de devenir un État émergent visant un siège au fameux G20. Une perspective qui plaira certainement à Donald Trump, lequel place les affaires et le slogan « America First » au-dessus de toute autre considération.
