Détroit d’Ormuz et géopolitique gazière:
Le retour en force de l’Algérie sur l’échiquier énergétique

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Le Qatar est un bon partenaire et ami de l’Algérie. Cela ne fait aucun doute. Néanmoins, en ce qui concerne les hydrocarbures, et particulièrement le gaz, un monopole quasi exclusif était détenu par cette principauté du Golfe, plaçant l’Algérie loin des commandes en gaz exprimées par l’Europe et l’Asie du Sud-Est. La tendance est aujourd’hui inversée. En effet, avec le blocage du détroit d’Ormuz, le Qatar éprouve les pires difficultés à fournir le gaz à ses clients traditionnels. La situation perdure et rien n’indique qu’elle s’améliorera à court ou même à moyen terme. Pour cette principauté, le manque à gagner se fait de plus en plus sentir et risque, si une solution n’est pas trouvée, de provoquer un déséquilibre financier de l’Émirat. D’où cette visite inattendue du PDG d’une grande holding qatarie, la Power International Holding (PIH), à Alger, où il a été reçu par Mohamed Arkab, ministre de l’Énergie et des Mines, en présence de l’ambassadeur du Qatar. Le PDG du groupe a exprimé le désir de conclure avec Sonatrach un partenariat exhaustif s’étendant à l’exploration et à l’exploitation de gisements pétroliers et gaziers algériens, avec une extension à la pétrochimie et à la liquéfaction du gaz. C’est un projet très ambitieux exigeant de grands investissements, le Qatar se disant prêt à y consacrer les fonds nécessaires pour que ce partenariat s’instaure et devienne profitable pour les deux pays. En réalité, cette proposition alléchante pour l’Algérie aurait pu intervenir il y a quelques années. Cela n’a pas été le cas, car le Qatar faisait cavalier seul et il y avait à l’époque une vision d’autosuffisance confortable qui n’exigeait pas d’aller investir ailleurs. La situation d’aujourd’hui est totalement différente : le Qatar n’est plus ce fournisseur quasi exclusif de gaz naturel ou de GNL d’une myriade de clients. Étant coincé, il se tourne vers les pays qu’il qualifie d’amis et en qui il a confiance. Parmi eux, le seul qui possède les capacités de combler le déficit en fourniture de gaz est l’Algérie, un pays bénéficiant de la meilleure proximité avec l’Europe, ce client privilégié du Qatar. C’est donc une offre de partenariat qui n’est nullement désintéressée que cette principauté du Golfe adresse à l’Algérie. Évidemment, notre pays l’accepte, car il a besoin d’étendre son réseau de distribution dans le monde, notamment en matière de GNL, dont il connaît les caractéristiques et les processus pour avoir fait partie des pionniers. Il manquait surtout des investissements que notre pays n’est pas en mesure de porter seul, du moins pour le moment ; l’offre du Qatar vient donc à point nommé. Il n’en demeure pas moins qu’un tel partenariat dans le domaine de l’énergie revêt une importance capitale dans un monde aussi bouleversé qu’il l’est présentement, et dont les implications relèvent de l’inconnu. On comprend dès lors l’intérêt que suscite l’Algérie en Europe et, de plus en plus, en Asie. Voilà un pays qui regorge de matières premières très convoitées, qui dispose de toutes les infrastructures nécessaires et dont les capacités de défense figurent parmi les meilleures du continent africain. Comment résister à tant d’attraits ? Un pays qui avait des rapports privilégiés avec le nôtre et nous savons de quel pays il s’agit, est aujourd’hui le grand perdant. Qu’il continue donc à privilégier les deux voisins de l’Algérie !

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