L’étau continue de se resserrer autour des ramifications financières de l’empire Tahkout. Alors que le pôle pénal spécialisé dans les affaires de corruption près le tribunal de Sidi M’hamed s’apprêtait à juger un nouveau volet de ce dossier tentaculaire, la défense a une nouvelle fois obtenu un report, fixant l’audience au 19 octobre prochain. Derrière ce énième renvoi se cache un personnage central : un gérant de bureau d’études, maintenu en détention provisoire, soupçonné d’avoir orchestré la dissimulation et le blanchiment de fortunes colossales au profit du clan Tahkout. L’instruction menée par la justice dévoile les rouages d’une vaste opération de fuite de capitaux. Le principal mis en cause et ses complices sont accusés d’avoir exfiltré illégalement des fonds issus de la corruption par le biais de circuits financiers particulièrement opaques. L’enquête met notamment en lumière une somme de 35 milliards de centimes perçue par ce bureau d’études pour un projet d’envergure, gelé net dès l’arrestation de Mahieddine Tahkout. Plutôt que de rendre cette manne au Trésor public, le gestionnaire l’aurait fait transiter en Suisse avant de la réinjecter dans l’immobilier en Espagne selon notre source. Face à la justice, les qualifications retenues pèsent lourd : blanchiment de capitaux en bande organisée en tirant profit d’une activité professionnelle, dissimulation de revenus illicites et trafic d’influence. Selon certains experts, l’acte d’accusation détaille avec minutie un montage complexe destiné à maquiller l’origine et la localisation des avoirs pour brouiller définitivement les pistes. Cet épisode judiciaire vient s’ajouter à une longue liste de procédures qui, mois après mois, grignotent ce qu’il reste de la fortune de l’homme d’affaires. Qu’il s’agisse des investigations menées sur des comptes bancaires en Suisse ou des tentatives avortées de liquidation de biens familiaux saisis par la justice, la saga Tahkout expose au grand jour les méthodes d’un système de prédation financière. Reste à savoir si, à la mi-octobre, les juges pourront enfin passer au fond des débats ou si les manœuvres dilatoires de la défense prolongeront encore l’attente.
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