Le président français a certainement lu l’interview du journal allemand Der spiegel accordée au président algérien car il est revenu sur ses propos malencontreux au sujet de son interrogation sur l’existence d’une nation algérienne avant la colonisation. Lors d’une déclaration faite lors de la conférence sur la Libye il a fait son mea culpa en déclarant qu’il regrettait de telles paroles.
En quelque sorte il vient de se déjuger. A-t-il compris qu’il avait parlé trop vite, comme d’ailleurs il a l’habitude de le faire ? Surement ! Sans doute que l’historien Benjamin Stora, chargé par Macron du dossier mémoriel lui a expliqué que ce qu’il a dit à propos de l’Algérie, pays natal de l’historien ainsi que celui de ses ancêtres était complètement faux et qu’il existait réellement une communauté nationale et qu’il y avait un authentique État algérien faisant partie de l’empire ottoman. Cette remise des pendules à l’heure a permis au président français de comprendre qu’il avait fait tout faux, d’où cette remise en cause de ses propos, d’autant que son homologue algérien a clairement dit au journal allemand « Je ne ferai pas le premier pas ». C’est donc le président français qui vient de le faire en insistant particulièrement sur le respect dû à la nation algérienne. Un revirement donc qui donne à penser que les choses iront mieux après cela entre les deux pays, car on a effleuré la rupture. Le président français reconnait que ces relations sont essentielles pour son pays. Il insiste donc pour que celles-ci reprennent au plus vite. Il attend donc un geste du président algérien. La question consiste à savoir si le chef de l’État algérien se satisfasse d’une simple déclaration faite au cours d’une conférence traitant d’un problème qui ne concerne nullement l’Algérie. Tout dépendra donc de la suite qu’entend donner Emmanuel Macron à ses derniers propos. Saisira-t-il son téléphone pour appuyer ses regrets à Abdelmadjid Tebboune, comme il l’a souvent fait ? Ou fera-t-il une autre déclaration mais cette fois-ci concernant les relations franco-algériennes dans laquelle il répètera ses regrets ? On le saura dans les prochains jours. L’indice probant d’un apaisement viendra sans doute avec le retour à sa mission plénipotentiaire d’Antar Daoud qui se trouve toujours à Paris mais en tant qu’ambassadeur algérien auprès de la principauté de Monaco. Le président français a aussi agi par calcul en pensant à sa réélection en Mai 2022. Il sait qu’il y a presque quatre millions de voix de franco-algériens qui attendent preneur. C’est loin d’être négligeable quand on pense que ce scrutin sera très serré, à cause d’une probable forte abstention des électeurs désenchantés par les politiques qui se suivent et se ressemblent, et d’une droitisation de l’électorat français que les discours racistes, islamophobes et identitaires attirent. Deux ou trois millions d’électeurs appartenant culturellement à l’Algérie muais jouissant de la citoyenneté française feront certainement la différence. Alors se mettre à dos cette diaspora à six mois de cette élection serait une erreur aux conséquences lourdes. Macron sait que si Alger conseille à ces franco algériens de voter pour Macron et d’y aller nombreux pour l’élire, ils le feront, pas uniquement par obéissance mais parce qu’ils savent aussi que si la droite ou l’extrême droite accédait au pouvoir pendant les cinq années à venir, leur sort sera vite réglé. Le calcul, s’il y a calcul d’Emmanuel Macron concernant le vote des franco-algériens s’avère juste alors ce président, au cours des semaines ou mois à venir, multiplier a vraisemblablement des gestes d’apaisement envers l’Algérie.
