À l’issue de la visite de deux jours du président Tebboune en Tunisie, il y a une chose à retenir : Le resserrement des liens dans tous les domaines. Jamais on n’est allé aussi loin dans la coopération multiforme entre les deux pays. Ceci dit la question de la fusion entre les deux pays dans une espèce de marché commun entre les deux pays n’a pas été officiellement abordée.
Sans doute que les deux présidents l’ont discutée entre eux mais préfèrent le temps faire son œuvre et préparer les esprits pour aller plus loin dans le rapprochement entre les deux pays. C’est ce qu’il convient d’appeler une avancée réaliste et à petits pas. Il faut retenir néanmoins que la visite du président algérien à Tunis à un moment crucial pour la Tunisie qui traverse une période tourmentée et difficile révèle indiscutablement un soutien sans faille de l’Etat algérien au président tunisien, confronté à une opposition farouche mais étant assuré par une grande partie de la population de ce pays. En se rendant à Tunis, le président Tebboune marque ainsi sa différence avec les autres pays arabes mais aussi avec l’UE. Cette visite du chef de l’Etat algérien est du baume au cœur de KaisSaied. Isolé sur la scène arabe et internationale, le chef de l’Etat tunisien n’en espérait pas tant. Le soutien de l’Algérie à un moment fatidique de l’histoire de ce pays voisin est une véritable bouée de sauvetage. Les 21 accords de coopération signés entre les délégations gouvernementales des deux pays, sous la supervision des deux chefs d’Etats représentent, à eux seuls, une avancée formidable en matière économique, sociale et culturelle. Jamais jusqu’ici on n’avait élargi autant de domaines. Aller vers un plus, les deux présidents le voudraient bien mais il vaut mieux aller vers une chose à la fois et surtout veiller à ce que tout se passe bien, domaine par domaine. Par ailleurs il faut tenir compte que la Tunisie se prépare pour des échéances électorales importantes, décisives mêmes pour sa survie politique en tant qu’état souverain, échappant à toute influence étrangère, notamment. Il y aura d’abord un référendum pour changer la constitution actuelle qui d’évidence a montré des imites insupportables. Le peuple tunisien aura à choisir s’il veut maintenir le régime parlementaire actuel avec tous les inconvénients qu’il n’a cessé d’apporter depuis le départ d dictateur Ben Ali ou s’ils optent pour un régime présidentiel comme c’est le cas de son voisin l’Algérie, donnant ainsi une plus grande visibilité à la séparation des pouvoirs où sera investi un exécutif fort , un parlement excluant la proportionnalité mais fonctionnant au scrutin majoritaire et une justice indépendante. Si le peuple voisin opte pour ce système, des élections législatives auront alors lieu d’ici la fin de l’année prochaine. Lorsque les choses seront clarifiées et que l’environnement international, jusqu’ici hostile, ne trouvera plus rien à objecter puisque le peuple aura dit son dernier mot alors les deux pays voisins pourront alors aborder sereinement la question d’un regroupement régional entre deux pays dont les institutions politiques seront quasiment identiques. L’idée d’un marché commun entre ces deux pays , laquelle n’est pas nouvelle car au temps où le président Bourguiba gouvernait la Tunisie , cette question avait été abordée avec le président algérien de l’époque , Houari Boumediene , mais ce projet fusionnel n’a pas abouti d’une part parce que le président libyen en ce temps-là faisait de l’obstruction et voulait qu’un tel projet soit le sien et d’autre part parce que la France qui avait une énorme influence sur la Tunisie considérait que ce pays était sa chasse gardée ,tout comme le Maroc , une fusion entre soit l’Algérie et la Tunisie ou entre ce dernier pays et la Libye était tout simplement impensable. Aujourd’hui la géopolitique a complètement changé, la révolution du jasmin est passée par là sauf que les espérances placées en elle n’ont pas porté leurs fruits. Il faut ajouter l’existence d’un régime politique remplaçant la dictature mais dont les intervenants, à cause de leurs divergences profondes n’ont pas su ou pu saisir l’importance de l’intérêt national. Avec l’investiture d’un président qui a compris que son pays s’engouffrait chaque jour dans un gouffre sans fin une vision maghrébine à deux est du domaine non seulement du possible mais du vraisemblable
