Inflation:
Le taux dépasse les 5%

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Comme annoncé l’inflation des prix est de plus de 5%. La conséquence sur le pouvoir d’achat des citoyens est visible. Avec un budget familial calculé sur un revenu moyen, soit soixante mille dinars, les fins de mois sont rarement bouclées. Que dire de ces ménages qui vivent avec des salaires uniques, souvent bas ? En fait c’est pour eux la galère au quotidien.

La fin de l’année écoulée annonçait déjà la couleur. On savait que l’année qui suivrait, c’est-à-dire 2022 serait difficile pour plus de la moitié des Algériens mais on ignorait l’ampleur que prendrait cette difficulté. En ce début d’année les prix de tous les produits de consommation ont quasiment doublé par rapport à l’année 2019. En l’espace de deux années le pouvoir d’achat a été divisé de moitié. Ceux qui avaient l’habitude d‘épargner ne le font plus car ne pouvant concilier les dépenses courantes, les charges et une partie de leurs revenus mobilisée pour l’épargne. Cela se voit dans l’immobilier qui peine depuis une année à vendre les appartements dans le cadre d’un crédit échelonné à long terme. Les paiements par tranche peinent à être soldés, retardant ainsi l’acquisition de logements. Certains promoteurs immobiliers ayant choisi la vente sur pied de tout appartement sont aujourd’hui coincés. Ils n’arrivent pas à se défaire de logements de bon standing qui restent fermés, faute d’acquéreurs. Il faut dire aussi que le prix de vente d ‘un appartement de ce style dépasse les dix milliards de centimes. Rares actuellement sont ceux qui sautent le pas même s’ils en ont les moyens préférant attendre une meilleure offre et surtout faisant dans la prévention en thésaurisant leur argent. Nous avons remarqué que beaucoup d’immeubles construits et finis dans des quartiers résidentiels ou dans des artères très prisées ont les volets de leurs appartements clos. Le marché de la vente des véhicules particuliers chez les concessionnaires auto ou au niveau de l’occasion vit une crise sans précédent. Rares sont ceux qui renouvellent leurs véhicules vieillissants ou ceux qui expriment le désir d’acheter pour la première fois leur véhicule. Faute d’épargne conséquente au cours des toutes prochaines années, le marché de l’automobile risque de s’effondrer. Tout dépendra donc de cette année en cours, année choisie par le gouvernement pour relancer l’économie du pays. Tout dépendra des secteurs d’activités à forte valeur ajoutée. Si ceux-ci démarrent l’inflation commencera sa courbe descendante donnant ainsi au pouvoir d’achat le surplus qu’il faut pour entraîner dans son sillage un début d’épargne des ménages. Pour que le pouvoir d’achat revienne au niveau d’il y a trois ans il faut que les prix à la consommation baissent, autrement dit l’achat des produits les plus consommés soient à portée des revenus les plus faibles. La jonction entre une augmentation de la production nationale et les produits importés de l’étranger doit être harmonieuse. Il faut pour y arriver trouver l’équilibre car il est vain de croire qu’en limitant à l’extrême les produis que nous ne produisons pas localement comme on a tenté de le faire ces derniers temps espérant que ceux qui peuvent être produits dans le pays prendront la relève et suffiront à la consommation nationale on arrivera miraculeusement à inverser la tendance. Aucun pays n’a réussi à le faire, à moins, de priver sa population de l’essentiel, livrant celle-ci à la privation et à une spéculation effrénée des prix de produits rares qui seront pour la plupart d’entre eux écoulés au marché noir. L’inflation ne peut être combattue que lorsqu’il existe un équilibre entre l’offre et la demande. Or un tel équilibre est rompu aujourd’hui dans le pays. Ce ne sont pas les augmentations de salaires qui résoudront le problème. Au contraire elles ne feront qu’amplifier l’inflation. Ce ne sont pas non plus les blocages de prix qui freineront celle-ci car cela pénaliserait les commerçants qui seront nécessairement privés de toute marge bénéficiaire. On ne peut vendre au prix coûtant et souvent à perte quand il faut payer le transport et toutes les charges. Quel commerçant le voudrait ? En clair pour que l’on sorte de ce bourbier inflationniste l’État doit revoir sa politique d’importation de produits qui ont toujours été importés parce que inexistants à l’échelle locale. Il doit aussi fournir un effort colossal pour importer la matière première servant à produire à l’échelle nationale tous les intrants qui entrent dans la production de ces produits que nous n’avons jamais fait sortir de terre ou d’usine.

 

 

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