La brouille entre l’Algérie et la France, on n’en parle plus ! L’ambassadeur d’Algérie a été reçu en grande pompe, d’abord au Quai d’Orsay puis à l’Élysée. Cela prouve une détermination du côté français de ne plus faire de commentaires désobligeants envers un pays qui a partagé dans le temps une histoire commune.
Côté algérien on a compris qu’il était inutile d’aller plus loin car du côté français on a compris la leçon et que les premiers gestes et déclarations d’apaisement sont venus de Paris. Le président de la république recevant le ministre français des affaires étrangères s’est longuement entretenu avec ce dernier. La discussion était franche et sereine et on conclut, des deux côtés que tout ce qui est susceptible de fâcher ne doit pas être médiatisé et donner lieu à des dépassements qui s’avèreront difficiles à réparer. Selon certaines sources proches des diplomaties des deux pays la concertation entre les ministères français et algériens des affaires étrangères doit devenir permanente concernant des sujets qui touchent à la communauté algérienne résidant en France ou ceux ayant un rapport avec la situation régionale, notamment subsaharienne. Avant tout il s’agit de préserver le caractère exceptionnel des relations entre les deux pays. Lors des entretiens que M. Antar Daoud, l’ambassadeur d’Algérie en France a eu dernièrement avec les responsables de ce pays attachés au Quai d’Orsay et à l’Élysée la relance de la coopération multiforme entre les deux pays a été réaffirmée et la tenue du haut comité de coopération entre les deux pays, confirmée. La date de la tenue de cette importante rencontre n’a pas encore été fixée pour les raisons que l’on sait. Il y a d’abord la persistance de la pandémie et il y a ensuite la tenue prochaine de l’élection présidentielle française prévue en avril prochain. Côté algérien on préfère attendre le résultat de cette élection. Pour Alger il est inutile de mettre la charrue avant les bœufs. Attendre et constater tell semble être la devise d’El Mouradia. Si Emmanuel Macron est élu pour un second mandat, tout sera mis en place et rapidement pour remettre sur rail les relations politiques et économiques avec intensité. Les Algériens ne veulent pas être déçus encore une fois par le comportement d’un éventuel président ou présidente qui viendrait remplacer Macron. Alger s’entend mieux avec l’actuel président malgré ses défauts et ses écarts de langage. Abdelmadjid Tebboune qui s’entretenait très régulièrement avec l’actuel locataire de l’Élysée avant le déclenchement de la brouille sait qu’Emmanuel Macron n’a pas d’arrière-pensée en ce qui concerne l’Algérie,contrairement à ses prédécesseurs, tous liés,d’une manière ou d’une autre à la guerre d’Algérie et dont tous avaient pris fait et cause, un moment donné,pour le maintien de l’Algérie française. Macron n’est pas de cette trempe car il n’appartient à cette génération de nostalgiques. Dans le cas où la candidate de droite,Valérie Pecresse, qu’on estime favorite pour accéder au second tour de l’élection d’Avril, accédait à la présidence de la république française, les choses ne seraient plus les mêmes entre la France et l’Algérie. La distanciation entre Paris et Alger reprendra du service, car en analysant les propos de campagne électorale tenus par cette candidate, la communauté nationale établie en France connaitra des lendemains difficiles car Valérie Pecresse qui n’a jamais eu d’attache avec notre pays connait très mal l’Algérie et sera vraisemblablement influencée par la droite dite dure qui a pris racine chez les Républicains ; Les cinq années à venir détermineront l’état des relations entre les deux pays. Moins de trois mois nous séparent d’un choix électoral qui aura d’une manière ou d’une autre des répercussions sur l’avenir des relations complexes qui ont existé entre les deux pays depuis juillet 1962.