Syndicalisme:
Le fonds de commerce politique au placard

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Cette fois c’est définitif le président de la république a tranché au cours du dernier conseil des ministres. Une loi précisant les modalités de l’exercice syndical est en préparation. Elle sera débattue au parlement pour adoption. Certains partis comme le FLN et le RND n’apprécieront, sans doute pas le tournant que prendra l’activité syndicale dans le pays.

En fait ce sont l’UGTA et les syndicats se proclamant autonomes de la fonction publique, à l’instar du CNAPESTE qui sont visés. L’UGTA d’abord qui a toujours roulé pour l’ex parti unique et son clone,le RND se transformant en appareil de propagande en période électorale ou lors d’évènements nationauxen échange du monopole revendicatif exercé sur les entreprises publiques économiques dont elle profite de privilèges accordés de manière souveraine par l’État qui était jusqu’ici dominé par les deux partis sus cités, le CNAPESTE ensuite qui a toujours subi l’influence idéologique des partis appartenant à la mouvance islamiste. Cela s’est vu notamment lors du parcours de l’ex ministre de l’éducation, Mme Benghabrit, qui avait vainement tenté de sortir l’école des courants politico-idéologiques qui l’emprisonnaient. Cette influence moins virulente, certes qu’elle ne l’était lors de l’exercice Benghabrit existe toujours et est dominante au niveau des staffs syndicaux de la fonction publique, particulièrement au niveau de l’éducation nationale, moins dans les secteurs de la santé et des administrations publiques. Le président Tebboune qui sait parfaitement comment fonctionnait l’ancien régime politique dont au demeurant il en faisait partie mais n’était pas en odeur de sainteté à cause de ses positions tranchées qui ne plaisaient pas à l’ancienne direction politique ne veut plus que cette ambigüitésyndicalo-politique subsiste dans cette nouvelle Algérie qu’il entend édifier. Étantau-dessus des partis car n’appartenant à aucun d’eux il n’a qu’un seul objectif, celui de consolider l’État de droit que la constitution amendée et approuvée par le peuple a balisé. Si le droit syndical est un droit constitutionnel inscrit dans la loi fondamentale et que l’exercice du droit de grève et de manifester pacifiquement est garanti, celui-ci doit obéir à de nouvelles règles, lesquelles sont appliquées dans tous les pays qui ont inscrit la démocratie dans tout exercice du pouvoir. Or que disent précisément ces règles ? Elles disent que les travailleurs exerçant collectivement leurs emplois ont le droit de constituer un syndicat les représentant afin de défendre leurs intérêts en tant que travailleurs et résister légalement contre tout arbitraire de l’employeur que celui-ci appartienne au secteur privé ou au secteur public. Ces instances deviennent ainsi les interlocutrices officielles avec lesquelles l’employeur devra se concerter dans le domaine des salaires lorsque ceux-ci, sans raison justifiée continuent de stagner alors que l’activité est florissante. Elles pourront déclencher le mécanisme de la grève lorsque l’employeur persiste dans son refus. L’État peut dans ce cas intervenir et proposer sa médiation pour arriver à un compromis acceptable qui ne lèserait ni les travailleurs ni l’employeur. C’est cette nouvelle configuration du partenariat social que le président de la république veut instituer pour mettre fin à tout amalgame, lequel a causé d’énormes dégâts à l’économie nationale. Les exemples de confusion entre la politique, l’idéologie et l’exercice syndical sont légion dans notre pays. Il n’y a qu’à voir ce qui se passait au niveau de ce que l’on considérait jusqu’ici comme le fleuron de l’industrie algérienne, le complexe sidérurgique d’El Hadjar pour s’en convaincre. La nouvelle réglementation concernant l’exercice d’un droit inaliénable celui d’instaurer une représentation des travailleurs doit aussi s’étendre dans le secteur privé car il est inexistant. Les patrons n’en veulent pas parler et les travailleurs qui se comptent par millions ont peur de se constituer en collectif de représentation pour défendre leurs intérêts car l’employeur menace de les mettre à la porte. Que fait justement cette centrale syndicale si puissante qu’est devenue l’UGTA qui n’a jeté son dévolu que dans le secteur public économique ? La constitution et le droit lui permettent d’obliger tout employeur privé propriétaire d’une entreprise à accepter une section syndicale au sein de son entreprise. Il ne peut refuser car s’il le fait l’État le sanctionnerait et pourrait même mettre un terme à son activité. Qu’attend donc l’UGTA pour s’emparer de ce créneau qu’elle a délibérément choisi pour des raisons politiques d’ignorer ? La prochaine loi réglementant l’exercice syndical lui donnera-t-elle le courage de devenir enfin un vrai syndicat revendicatif et de défense des intérêts de tous les travailleurs sans distinction de secteurs ou continuera-t-elle à végéter dans un monde qu’elle croit être le sien ?

 

 

 

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