Toutes les orientations de Tebboune convergent:
L’éthique est la norme cardinale

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Dans tous les discours qu’il a prononcés depuis qu’il est à la tête de l’État, Abdelmadjid Tebboune est resté constant dans ses orientations et dans sa démarche. Pour lui le pays a besoin de repères. Ceux-ci ont été perdus au fur et à mesure de l’édification de l’État. Bien des erreurs ont été commises dont certaines d’entre elles ont fait perdre aux dirigeants de l’époque l’essentiel, à savoir l’intégrité morale, l’égalité des droits entre tous les citoyens et leur dignité.
Au lendemain de l’indépendance, chèrement acquise au prix du sang versé par plus d’un million d’Algériens, ceux qui s’emparèrent du pouvoir politique ont choisi la manière forte au lieu de la concertation avec le peuple usé par sept années et demie d’une guerre terrible. Cette lassitude de ces neuf millions de citoyens se voyait dans ce pays profond qui aspirait avant tout à la paix et à la tranquillité. Les querelles intestines qui faisaient rage à Alger entre ceux qui voulaient édifier une Algérie démocratique répondant aux normes universelles et ceux qui se réclamaient d’une légitimité révolutionnaire, celle des armes, n’intéressaient pas ces millions de citoyens dont la plupart d’entre eux étaient dépourvus d’instruction. Pour eux qu’importait le pouvoir politique pourvu qu’ils en soient les bénéficiaires de sa politique. Nous étions, au lendemain de l’indépendance du pays dans cet état d’esprit et c’est finalement le plus fort qui l’emporta. Les quelques élites qui s’y opposaient, furent obligées de s’exiler à l’étranger. C’était le cas d’Ait Ahmed, de Mohamed Boudiaf, de KrimBelkacem et d’autres figures emblématiques de la révolution de novembre. Ceux qui ont préféré rester au pays à l’instar de BenyoucefBenkhedda et de Ferhat Abbas ont été réduits au silence. Suivent alors les ambitions personnelles du pouvoir. Toute politique cohérente était bannie. Seules les décisions que prenaient le chef de l’État étaient prises en compte et la plupart du temps elles étaient en contradiction avec le contenu de la déclaration de novembre 54 qui proposaient l’instauration d’une république démocratique et sociale. On substitua le dernier terme par celui de populaire lequel à l’époque désignait un modèle bien connu, celui des démocraties populaires qui existait dans les pays de l’est européen sous domination soviétique. Dans ces pays soumis à une doctrine communiste il n’existait qu’un seul parti et le parlement, si on peut l’appeler de la sorte, était entièrement soumis aux directives du parti. C’est ce modèle qui avait été choisi en Algérie en 1963 et réédité près le coup d’État de 1965. Conscient que le régime en place ne pouvait pas régner sans légitimité populaire ou l’apparence de celle-ci il fut alors procédé à l’établissement de celle-ci et tout le monde était content car le pays connaissait alors une croissance économique foudroyante notamment après la nationalisation des hydrocarbures et de tous les gisements miniers, principales sources de richesse qui permit au pouvoir politique en place de faire l’unanimité autour de lui. Sauf que cela ne dura qu’un temps car par la suite, le charisme de l’homme auquel on devait la prospérité et l’égalité des chances pour tous les citoyens de ce pays disparut cédant sa place à un remplaçant, lequel dès son investiture à la tête de l’État dilua son pouvoir au monolithe politique qui existait à l’époque, lequel en profita très largement à travers sa composante militante laquelle au lieu de servir l’intérêt général et le peuple se mit à s’enrichir en faisant profiter les siens. C’est le commencement de la fin de l’éthique, jusqu’ici plus ou moins préservée. La course à la richesse frauduleuse car ne reposant sur aucune logique économique s’emballait et devenait la norme. Cela dura jusqu’au séisme provoqué par le FIS qui mit tout à plat en voulant s’accaparer du pouvoir non pour instaurer les valeurs démocratiques et l’égalité des droits des citoyens mais pour établir dans la durée indéterminée un pouvoir théocratique semblable à celui qui existait en Afghanistan. Une calamité que tout algérien soucieux de la sauvegarde des intérêts supérieurs de la nation ne pouvait admettre. Après un passage à vide extrêmement douloureux en termes de pertes de vies humaines, l’arrivée au pouvoir d’un homme politique écarté du pouvoir au lendemain du décès de celui qu’il avait propulsé de son vivant, allait redonner de l’espoir à un peuple qui vécut dix années de terreur. Les premières actions du nouveau pouvoir élu par une écrasante majorité de citoyens furent prometteuses d’autant que le nouveau président bénéficia d’une chance inouïe, l’augmentation sans précédent du prix de hydrocarbures. Cette manne providentielle allait durer plus d’une dizaine d’années. Au lieu d’en faire une redistribution intelligente au profit d’une économie qui cherchait ses repères on entreprit de créer une nomenklatura politico-économique composée d’hommes dont on n’avait jamais entendu parler et lesquels du jour au lendemain prirent un ascendant fulgurant au point de devenir un second pouvoir politique. Encore une fois l’éthique disparut de la pensée politique et cette fois-ci elle causa des dégâts incommensurables à l‘économie nationale, laquelle rappelons-le reposait sur un secteur industriel puissant détenu majoritairement par l’État. Un secteur qui commençait à mourir d’anémie financière et dont l’issue prenait des allures sombres. L’arrivée de Tebboune à la tête de l’État permit, pour la première fois à l’éthique et à l’intégrité morale de prendre la place qui leur sied étant déléguées depuis des années à un usage symbolique teinté à outrance d’hypocrisie et de mensonges.

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