L’UA à propos d’Israël:
Lamamra impose son point de vue

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On peut considérer que c’est une victoire de la diplomatie algérienne concernant la question d’admission, en qualité d’observateur d’Israël au sein de l’union africaine. L’Algérie et l’Afrique du sud s’y sont catégoriquement opposées. La décision a été suspendue. Certes ce n’est pas encore définitif, mais il y a de fortes chances que cette question sera maintes fois repoussée aux calendes grecques.

Ramtane Lamamra qui représente le président Tebboune à ce sommet de l’union africaine a plaidé la cause de l’Algérie de manière brillante. Il a notamment fait valoir le point de vue de la position algérienne en disant que l’État hébreu n’a rien à voir, ni de près, ni de loin avec la politique africaine et que les problèmes africains doivent rester et demeurer entre les Africains eux-mêmes. À quoi a déclaré M.Lamamra le statut d’observateur d’Israël servira-t-il dans un contexte qui lui échappe totalement puisque ce pays dans le passé entretenait une relation ambigüe et très controversée avec le régime d’apartheid sud-africain. Le ministre algérien enfonce le clou en affirmant que l’État hébreu agit actuellement contre un pays membre de l’UA, à savoir l’Algérie, à partir du Maroc et s’immisce dans le dossier du Sahara occidental en épousant le point de vue du Maroc. Ce pays est donc juge et partie. Comment dès lors l’accepter en qualité d’observateur alors qu’en réalité il est fauteur de trouble. Cet argument massue a impressionné les représentant africains à ce sommet d’autant qu’il a aussitôt été relayé par le représentant de l’Afrique du sud qui a repris l’argumentaire du chef de la diplomatie algérienne en déclarant que la RSA s’oppose formellement à l’admission au sein de l’UA à toute présence israélienne sous n’importe quelle forme, rappelant lui aussi le rôle néfaste de l’État hébreu qui soutenait sans retenue le régime de l’Apartheid en lui fournissant notamment des armes destinées à réprimer le peuple sud-africain.  Seul le Maroc appuie ouvertement Israël, devenant ainsi son principal défenseur auprès de chefs d’États comme la Cote d’Ivoire, le Kenya et dans une moindre mesure le Sénégal soumis à la pression marocaine et des lobbys israéliens qui formulent des propositions économiques alléchantes à des pays africains qui ont toujours entretenu le flou en ce qui concerne leur reconnaissance de l’État hébreu. Certains ont même sauté le pas comme la Cote d’Ivoire et le Kenya qui ont des relations diplomatiques avec Tel-Aviv et des échanges commerciaux qui profitent beaucoup plus aux israéliens. Dans les tractations en coulisses on parle, on débat et on pèse le pour et le compte autour d’une question cruciale celle de savoir si le jeu vaut réellement la chandelle. Pour certains pays africains dont le Maroc cette question du statut d’observateur accordé à un État non africain a un précédent celui de la présence de représentants de l’Union européenne qui bénéficient de ce statut d‘observateur et donc, selon ces pays rien n’interdit qu’il en soit de même pour Israël. Cet argument est battu en brèche par les Algériens qui signifient clairement qu’il existe une différence fondamentale entre les européens et Israël. Pour notre diplomatie l’Europe était présente pendant des siècles en Afrique. La décolonisation à partir des années soixante n’a pas coupé les liens qui existent entre le continent européen et africain et qu’à ce titre la présence en qualité d’observateurs de représentants de l’UE dans tout sommet africain est non seulement sensée mais également fondée. En réalité et la majorité des pays africain le savent bien, Israël en qualité d’observateur même s’il n’interfère pas dans les débats entre africains jouera les perturbateurs à travers de puissants lobbys pour pousser à la division les pays africains entre eux. En fait ce pays est perçu par les Algériens et une grande partie de pays africains comme éminemment déstabilisateur à travers ses relais entretenus avec quelques chefs d’États africains dont les intérêts sont étroitement liés avec Tel-Aviv. A bien réfléchir la question qui se pose aujourd’hui aux États africains hésitants est celle-ci : Faut-il se fâcher avec trois puissances africaines du continent africain comme l’Algérie, l’Afrique du sud et l’Égypte dont la position est contre au détriment d’un pays colonisateur qui ne reconnait même pas les recommandations de l’ONU prises contre ses agissements en tant qu’État. Cette suspension adoptée par les décideurs africains n’est cependant qu’une demi-victoire. Il reste à l’Algérie une mission, celle d’effacer de l’agenda politique africain toute présence d’un pays si controversé et méprisant toutes les lois internationales. Le combat de la diplomatie algérienne n’est pas encore terminé.

 

 

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