Le Sahara Blend affiche un prix record de plus de 88 dollars le baril. Cela fait longtemps qu’un tel prix ne s’est affiché de la sorte. En outre nos exportations reprennent. Le gouvernement peut enfin respirer et peut élaborer des stratégies économiques visant le moyen terme. Mais attention ! Il ne faut pas la cher la bride.
La situation qui prévaut actuellement aux frontières de l’Ukraine a affolé les bourses mondiales et les cours du brut ont atteint un record proche de celui de la moitié des années 2000. La fin toute proche de la pandémie a redémarré l’économie mondiale et la demande en hydrocarbures est devenue exponentielle. Les pays industrialisés achètent sans rechigner. Tous les pays producteurs d’or noir et de gaz en profitent mais restent prudents. Ils ne veulent pas produire au-delà de ce qu’ils ont convenu depuis ces dernières années car s’ils le faisaient la situation pourrait se renverser et redevenir ce qu’elle fut en 2014. L’Algérie qui n’est pas un grand pays producteur d’or noir se rabat sur son gaz naturel dont elle possède de grandes réserves qui la placent au dixième rang des grands producteurs de gaz. Pour notre pays c’est une aubaine car les prix du gaz sont indexés sur ceux du pétrole. De plus l’Algérie a des capacités de production du GNL et compte investir dans l’augmentation de telles capacités mais aussi dans la réalisation en partenariat de gazoducs traversant la Méditerranée en direction de la péninsule ibérique et de l’Italie avec probablement un tronçon vers la Grèce. Des négociations avec les partenaires européens du sud de l’Europe sont actuellement en cours et à ce qu’il parait, avancent vite et bien. Ce rebondissement inespéré des prix d’hydrocarbures représente une occasion en or pour l’Algérie qui est en train de renflouer son matelas de devises. Devises qui ne prendront certainement pas l’aspect d’une rente mais celui d’un potentiel outil d’investissement pour des projets d’avenir car on le sait bien le monde se dirige progressivement vers l’abandon des énergies fossiles. Ce sera donc à dessein que notre pays préservera les dividendes procurés par la vente de nos hydrocarbures pour substituer celles-ci par l’énergie solaire dont les réserves de l’Algérie sont énormes. Il faudra seulement les capacités de transit de cette nouvelle forme d’énergie vers d’autres pays, essentiellement européens. Cela exige des investissements colossaux. Notre pays, à lui seul ne pourra répondre à la demande. Il lui faut s’associer pour en tirer un meilleur profit. Tout en maintenant une rigueur budgétaire le plus longtemps possible en gardant au niveau actuel la baisse des importations des produits non essentiels et en encourageant la production locale vers un objectif précis, celui d’une réduction du déficit commercial et vers un effort dirigé vers plus d’exportation de produits non pétroliers. Le pays pourra alors atteindre dans les dix prochaines années l’émergence et devenir une puissance économique moyenne du monde méditerranéen. Pour y arriver le pays a encore un atout qu’il n’a jamais exploité, celui du tourisme, un créneau qui fait vivre et prospérer des pays qui ne possèdent pas les ressources que l’on trouve en Algérie. Si notre pays réussit à rendre la destination Algérie attrayante aussi bien pour un tourisme de masse que celui dit de luxe il arrivera à trouver cette croissance hors hydrocarbures. De tels atouts ne sont pas une fiction mais une réalité ajustée à la mesure des décisions prises par l’État qui doit accentuer les réformes économiques pour en faire un instrument de développement et de progrès social. Pour y arriver l’État devra abandonner son interventionnisme et se contenter d’être le régulateur de l’économie nationale afin d’éviter toute dérive de quelque nature qu’elle soit.
