L’annonce faite par le président de la république concernant le gel des taxes prévues par la LF 2022, qui touchent particulièrement le pouvoir d’achat des citoyens surtout ceux qui ont un revenu qui ne résiste pas à l’inflation des prix a été perçue par les consommateurs comme un moindre mal mais pour ces derniers il faut que l’État rende crédible une telle annonce.
Beaucoup de citoyens, interrogés au hasard des discussions, en doutent. Pour eux, certes le président en procédant au gel d’une taxation des produits devenue rapidement contraignante pour le porte-monnaie des consommateurs a fait preuve d’une grande sensibilité. Cela les citoyens sont d’accord sur ce sujet mais pour eux c’est sur le terrain que l’on doit agir et cela ce sera difficile car la filière commerçante de la distribution à la vente au détail si elle accueille une telle mesure avec contentement sera peut être toujours tentée d’en tirer profit en retardant l’application concernant le gel des taxes concernant certains produits essentiels, commel’huile, le lait, les légumes secs que consommés par une majorité de citoyens. Les contrôles doivent se multiplier par dix pour vérifier si les prix ont baissé ou pas. Les citoyens, eux aussi, doivent s’impliquer en dénonçant les profiteurs. S’ils ne le font pas il sera difficile pour les directions locales du commerce de venir à bout de cette toile d’araignée de la spéculation. On verra à partir de cette semaine si le prix du litre d’huile qui se vendait à depuis quelque temps à 150 dinars le litre descendrait à 125 dinars ou si le litre de lait de vache comme on le désigne se vendrait à nouveau 60 dinars ainsi que le pack « Soummam ou Candia » qui serait à nouveau vendu 100 dinars. Mais il n’y a pas que ces produits qui doivent redevenir abordables il y a aussi bien d’autres comme le riz, le café, le sucre et bien entendu les œufs qui ont depuis longtemps remplacé la viande qui reste hors de prix qu’elle soit blanche ou rouge. De là à penser que l’inflation actuelle les concernera et que les commerçants ou plutôt ceux qui les approvisionnent soient miraculeusement animés de générosité il y a matière à en douter. En fait par ces temps qui courent chaque commerçant tire la couverture de son côté. Ainsi le marché des légumes et fruits qui n’est pas concerné par le gel des taxes échappe à tout contrôle gouvernemental et lui aussi s’est imprégné de la spéculation en matière de prix. Un exemple illustratif le démontre. Jusqu’ici le prix de la touffe d’herbes aromatiques comme le persil, le céleri et la coriandre a toujours été vendue à 20 dinars. Depuis une semaine elle est achetée 30 dinars, soit dix dinars de plus. À quoi est du ce brusque relèvement d’un produit qui ne demande aucun investissement et qui inonde la plupart de petites surfaces cultivables ? Nous avons interrogé ceux qui ont fait de la vente de ces herbes aromatiques leur gagne-pain. Voici ce qu’ils nous ont répondu « Nous avons remarqué que tous les commerçants ont augmenté leurs prix, tous leurs prix et nous nous sommes dits pourquoi pas nous également car nous aussi on achète chez l’épicier et le boucher ce que nous consommons. Alors suivons la tendance ». En réalité l’inflation continuera jusqu’au mois de Ramadan de flamber car les producteurs agricoles estiment qu’ils vendent leurs productions avec une marge bénéficiaire infime. Ils souhaitent augmenter celle-ci. Pour eux c’est la seule façon d’augmenter le rendement et la qualité du produit. Ils savent que les grossistes qui achètent leur production feront aussi de même et qu’ils vendront plus cher au détaillant leur livraison. En final cela se répercute sur le citoyen ; Pour les producteurs tout le monde à droit d’avoir une marge bénéficiaire mais celle-ci doit être raisonnable et non pas source à spéculation. Pour les agriculteurs et les éleveurs c’est au gouvernement de veiller à ce que tout le monde atteigne un niveau de satisfaction censé. La seule solution pour eux c’est de convoquer des états généraux qui regrouperaient les producteurs, les intermédiaires et les détaillants. Chacun exprimera son point de vue et le gouvernement aura le rôle de médiateur. Il faut impérativement arriver à un compromis entre tous les intéressés pour mettre fin définitivement à la spéculation généralisée qui existe actuellement. Certes il y aura toujours des poches de spéculation mais elles finiront tôt ou tard par disparaître si le marché est régulé et qu’il contente tous les intervenants.
