L’ambassade d’Algérie sise à Kiev continue sa mission diplomatique en république d’Ukraine. Rien n’a donc changé de ce point de vue-là. Notre ministère des AE a, par contre, avisé les ressortissants algériens résidant à Kiev ou dans d’autres villes du territoire ukrainien à rester chez eux et de ne sortir qu’en cas de nécessité absolue.
En raison de la situation alarmante qui existe actuellement sur le terrain des opérations militaires où la capitale ukrainienne est assiégée par les forces russes, la plupart des ressortissants étrangers jusqu’ici établis à Kiev et dans d’autres villes d’Ukraine ont rejoint la Pologne voisine. Ce n’est pas le cas des Algériens dont on ne connait pas le nombre précis ni ce qu’ils font en Ukraine. Toujours est-il que la décision du ministère des affaires étrangères de maintenir la diplomatie algérienne à Kiev est responsable. Quel que soit le résultat du conflit qui oppose la résistance ukrainienne aux Russes, la position algérienne demeurera inchangée même s’il y a un changement de régime, comme tout l’indique. Dans le cas de l’Algérie qui a toujours eu des relations amicales et commerciales de bon niveau avec la république ukrainienne mais qui entretient également des relations fortes et puissantes avec la fédération de Russie pour l’Algérie ce n’est pas du tout un sujet de complication. Ce genre de situation notre pays l’a vécu avec d’autres pays dont le changement de régime politique est fréquent comme c’est souvent le cas en Afrique. La stabilité diplomatique de notre pays est fondée sur le principe de neutralité et de non-ingérence. Que l’Ukraine devienne comme la Biélorussie, la Géorgie ou la Moldavie un Étatplus proche de la Russie conservant son drapeau et son statut de république souveraine ou qu’elle soit annexée comme la Crimée la diplomatie algérienne saura s’y adapter en toute circonstance. Par contre une chose est sure l’Algérie ne fera pas le jeu de l’occident qui se démène actuellement de toutes ses forces et énergie à isoler la Russie sur la scène internationale. La Russie et l’ex Union soviétique a toujours maintenu avec l’Algérie une relation qu’on peut qualifier de fusionnelle et cela remonte au temps où nous nous battions contre le colonialisme français. L’URSS a toujours appuyé toutes les résolutions de l’ONU favorables à l’indépendance algérienne et au lendemain de l’accession à notre souveraineté nationale, les relations avec l’ex URSS sont devenues privilégiées surtout dans le domaine de l’armement. Sans l’acquisition d’équipements militaires pour l’armée de terre et l’aviation l’Algérie aurait sans doute subi le sort peu envieux de pays ne disposant pas de capacités défensives. De plus au moment fort où notre pays subissait les pressions de la France lorsque le président défunt Houari Boumediene décida de nationaliser les hydrocarbures. Moscou envoya en renfort suffisant des équipes médicales qui dirigèrent nos hôpitaux sauvant ainsi notre système de santé qui venait à peine de se structurer. Par ailleurs dans le secteur de l’industrie, notamment lourde, la coopération soviétique devenait déterminante et avait permis dans un premier temps à relever le défi industriel que les occidentaux et notamment la France entravaient de façon continue. Tous ces gestes de solidarité sans faille l’Algérie ne les a jamais oubliés et elle ne les oubliera jamais. Ceux qui veulent entraîner notre pays dans le déni et dans un alignement perfide à leur positionnement en seront pour leurs propres frais. L’Algérie a besoin de la Russie et la Russie de l’Algérie.
