On vient d’apprendre par un communiqué de notre ministère des affaires étrangères qu’un ressortissant algérien est mort à Kharkiv, suite à un bombardement. Combien d’Algériens résident en Ukraine et que font-ils là-bas. Cette question n’a toujours pas de réponse à ce jour. N’est-il pas temps de la connaitre ?
Nous savons par contre qu’il y a de nombreux franco-algériens qui sont établis depuis des années en Ukraine, particulièrement à Kiev. Par contre nous apprenons et c’est récent qu’il y a des résidents nationaux dans ce pays. Quel profil ont-ils ? S’agit-il d’Algériens qui vivaient clandestinement en France, en Espagne ou en Italie qui ont voulu tenter leurs chances dans ce pays de l’est européen ? D’étudiants ayant achevé leurs études et voulant travailler dans ce pays ? De cadres d’entreprises privées ayant appartenu aux oligarques nationaux, dont la plupart ont été emprisonnés ou sous le coup de l’être ? Des médecins dont nombreux ont quitté le pays pour se faire recruter ailleurs ? Nous ne le savons pas car la plupart d’entre eux ne sont pas recensés par notre ambassade à Kiev. C’est ce qui complique la situation et rend difficile leur comptage. L’autre question concerne l’âge de ces résidents algériens établis en Ukraine. La réponse n’est pas difficile à trouver. On devine qu’ils doivent être jeunes pour leur écrasante majorité, en tous cas ils ne doivent certainement pas avoir la cinquantaine ou la dépasser. Y a-t-il des algériennes qui ont tenté cette aventure de l’exil pour cause économique ? Est-ce qu’il y a des résidents nationaux mariés avec des ukrainiennes ? Y a-t-il des enfants issus de ces mariages mixtes ? Toutes ces questions resurgissent ainsi brusquement à cause de ce qui se passe actuellement dans ce pays. Ce problème de la diaspora algérienne éparpillée à travers le monde dont le plus grand nombre est établi en France mérite assurément d’être soulevé. La plupart de nos ambassades ne connaissent qu’un nombre réduit de nos nationaux ou binationaux ayant choisi de vivre à l’étranger. Combien sont-ils au Canada ? aux États-Unis, Au Moyen-Orient, en Russie et dans le reste de l‘Europe de l’Est et de l’ouest à s’être inscrits comme résidents dans nos ambassades ? On l’ignore et c’est ce qui rend difficile leur recensement. Celui dont nous disposons concerne les inscrits dans nos services consulaires. Mais le reste ? L’État algérien est aujourd’hui mis devant un fait accompli sur ce sujet qui révèle toute son ampleur avec cette guerre qui frappe le cœur de l’Europe et qui a des relents d’un conflit mondial. Nos ressortissants vivant dans le reste du monde qui n’ont pas voulu ou simplement négligé de se faire connaitre au niveau de nos services consulaires se rendent compte aujourd’hui que rester dans l’anonymat les rendra vulnérables dans le cas d’une guerre qui opposerait leur pays d’accueil à un autre. Leur déplacement en tant que réfugiés ou leur rapatriement par les soins de nos ambassades deviendra extrêmement compliqué, voire impossible. L’État algérien a déjà été confronté à ce genre de situation au moment fort de la pandémie du Covid. Des centaines et dans certains cas des milliers de nos compatriotes avaient été coincés dans les aéroports des pays d’accueil ou étaient cloitrés chez eux ne disposant d’aucune aide. Ils passèrent ainsi des mois dans une galère indescriptible. Dans le cas d’une guerre comme c’est actuellement le cas en Ukraine et avec le nombre de centaines de milliers de réfugiés ukrainiens qui affluent massivement vers les pays frontaliers, nos ressortissants auront du mal à passer ces frontières s’ils vivaient sommairement dans ce pays en n’étant même pas recensés par notre ambassade de Kiev. Que se passera-t-il pour eux quand la Russie occupant militairement l’Ukraine entrera en contact de tels ressortissants qui ne se sont pas fait connaitre par notre ambassade ? Seuls ceux qui l’ont fait pourront ou bien rejoindre leur pays ou traverser la frontière voisine, comme le ministère des affaires étrangères vient de le faire connaitre. Ainsi ceux qui se sont faits inscrire auprès de notre ambassade après leur identification d’usage pourront s’ils en expriment le désir recevoir l’autorisation par notre ambassade de quitter l’Ukraine et rejoindre la Hongrie ou la Pologne qui vient d’aviser notre ministère des AE de cette possibilité. Le reste de nos ressortissants par contre aura bien du mal sortir de ce guêpier.
