La tournée au Maghreb d’une diplomate américaine:
  Objectif calculé…Isoler la Russie

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La secrétaire d’État adjointe du département d’État américain effectue actuellement une visite dans les pays du Maghreb. Elle est attendue aujourd’hui,9 mars à Alger après une visite au Maroc hier. Elle est chargée d’une mission spécifique, celle d’isoler sur le plan international la Russie mais du côté algérien cela ne marchera pas.

Les Américains qui ont été à l’origine de la convocation de l’Assemblée générale des nations unies qui s’est tenue dernièrement et dont 144 pays sur un total de 190 sont condamné par un vote à main levée « l’agression russe contre l’Ukraine ». 50 pays se sont abstenus, parmi eux la Chine, les pays du Maghreb, l’ensemble des pays arabes et quelques pays africains et asiatiques. Cela a fortement irrité les Américains qui croyaient que tout le monde allait approuver leur initiative. C’est loin d’être le cas et ce ne le sera probablement jamais. Washington ne comprend pas l’attitude de ses alliés traditionnels parmi les Arabes car en ce qui concerne l’Algérie les Américains savent fort bien que notre pays n’adhèrera jamais à ce projet funeste, par contre en ce qui concerne le Maroc et la Tunisie c’est autre chose. Pour le Maroc la reconnaissance par les États-Unis de la marocanité du Sahara occidental était un atout présumé des Américains croyant sans doute que leur geste serait amplement récompensé à l’avenir. Cela n’a pas été le cas et les Américains considèrent l’abstention au vote de l’AG de l’ONU des marocains comme un camouflet qui devrait être réparé, d’où cette visite marathon de la diplomate américaine à Rabat où elle s’est entretenue avec les instances officielles de la monarchie. A-t-elle obtenu quelque chose ? On le saura bientôt. Sa visite à Alger par contre ne laisse aucune place au doute ce sera un Niet diplomatique et la diplomatie algérienne fera comprendre à cette représentante des États-Unis que les relations séculières et amicales entre l’Algérie et la Russie ne peuvent être compromises quelle que soit la situation. Nos diplomates feront aussi comprendre à cette envoyée spéciale de Washington que les relations algéro-américaines n’ont jamais brillé par leur intensité et qu’il n’existe aucun centre d‘intérêt commun entre les deux pays, hormis la lutte contre le terrorisme, rappelant par la même occasion que l’Algérie s’est battue toute seule contre ce fléau durant dix ans sans que les États-Unis n’aient donné de gage positif contre cette lutte. Donc de ce point de vue-là le point de vue algérien est inattaquable. Que restera-t-il à discuter avec les Algériens dans ce cas ? Une neutralité de la part de l’Algérie en ce qui concerne la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine ? Mais celle-ci existe déjà car l’Algérie aurait bien pu voter Non comme l’ont fait certains pays à l’instar de Cuba, du Venezuela, de l’Iran et de la Corée du nord. Elle s’est abstenue et cela peut être interprété comme un signe positif de neutralité bien que notre pays condamne toute agression contre tout État souverain par un autre sauf que cette condamnation concerne aussi bien Israël, le Maroc et bien avant cela l’invasion de l’Irak par les troupes américaines en 2003. Pour l’Algérie toute agression est condamnable pour tous les pays qui l’exercent. Ce langage de vérité fait souffrir les Américains qui ne peuvent l’objecter car ils savent qu’il est absolument fondé. Cette visite de la diplomate américaine à Alger ne satisfera certainement pas les Américains mais diplomatie oblige il fallait la tenter. La question est de savoir si elle va durer deux jours, comme initialement prévu ou sera-t-elle écourtée car il n’y a pas grand-chose à obtenir. Après Alger la représentante américaine se rendra à Tunis où elle espère convaincre Kais Sayed de se joindre à tous ces pays qui ont décidé d’isoler la Russie sur la scène internationale. Connaissant le caractère forgé et imperturbable du président tunisien la réponse de ce dernier restera inchangée, celle de l’abstention à toute résolution nouvelle qui condamnerait la Russie, bien que ce pays n’entretient pas des relations exceptionnelles avec Moscou mais connaissant l’amitié et la proximité qui le lie avec l’Algérie il s’alignera sur Alger même si les Américains lui proposeront de ne plus contrecarrer ses projets de construction d’une Tunisie autre que celle qui existait au lendemain de la révolution des œillets. Une proposition qui le laissera indifférent car cette suspension des attaques sournoises que font actuellement les américains contre le pouvoir actuel en Tunisie n’est qu’un coup d’épée dans l’eau. Après la Tunisie la diplomate se rendra-t-elle en Libye ? Si c’est le cas ce sera bigrement compliqué car si elle se rendait à Tripoli ce sera interprété par Benghazi où le maréchal Haftar a la haute main comme une reconnaissance implicite du pouvoir exercé actuellement par Tripoli. Quant à l’Égypte où on ne sait pas si la diplomate s’y rendra ou pas car la position du Caire est connue. Elle ne condamnera jamais la Russie ni ne participera d’une manière ou d’une autre à son isolement. En fin de compte les Américains se rendent compte aujourd’hui qu’ils ne sont plus les gendarme du monde et qu’il est de plus en plus difficile de mettre sous leurs bottes tous les pays comme ils le faisaient avec un certain succès auparavant.

 

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