Cause palestinienne:
 « Être ou ne pas être ? That is the question » 

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La célèbre et mythique phrase de William Shakespeare au centre d’une tirade de « Hamlet » convient parfaitement au drame dans lequel vit aujourd’hui le peuple palestinien. Les voisins et cousins arabes ont tourné le dos à la cause palestinienne. Un seul pays les soutient, l’Algérie, qui a accueilli celui qui les représente, lui affirmant solennellement qu’il est et sera toujours le rempart contre ceux qui veulent enterrer le projet palestinien d’avoir son propre État.

Lors de la conférence de presse animée conjointement par le président Tebboune et le président de l’autorité palestinienne, le chef de l’État algérien a annoncé la tenue prochaine d’une conférence spécifique dont l’ordre du jour sera exclusivement consacré à l’unification de toutes les fractions palestiniennes pour unifier les rangs et parler d’une même voix. Cette conférence se tiendra avant la tenue du sommet arabe, qui aura lieu à Alger et qui est prévu en mars 2022.

« L’Algérie veut en finir avec les divisions et les scissions arabes » a déclaré le président de la république. La tâche ne sera pas aisée car l’État sioniste a infiltré les États arabes aujourd’hui gangrénés par une peur infondée de l’Iran. Se sentant menacés ils se sont tournés vers leur véritable ennemi Israël en demandant sa protection. C’est ce qu’ont fait les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc mais pas pour les mêmes raisons que les pays satellites de l’Arabie Saoudite, laquelle est le véritable chef d’orchestre de cette immense trahison envers le peuple palestinien. Le Soudan qui a souscrit à cette démarche l’a fait uniquement pour que l’on retire ce pays de la liste des pays qualifiés de terroristes par les Américains. En reconnaissant Israël il a obtenu ce qu’il voulait, c’est-à-dire que sur le plan interne tout ce qu’il fera ne lui portera plus préjudice sur la scène internationale. On l’a d’ailleurs remarqué avec la répression de son peuple qui n’a pas fait réagir l’occident, d’habitude si prompt à réagir à ce genre d’atteinte aux droits de l’homme. Le Maroc quant à lui, c’est clair il a conditionné la reconnaissance de l’État hébreu à celle de la souveraineté marocaine par non pas Israël, car cela ne compte pas mais par les États-Unis. Obtenant ce qu’il voulait avec la complicité manifeste du royaume wahhabite dirigé par l’autocrate absolu Mohamed BenSalmane il veut à présent s’en prendre à son puissant voisin l’Algérie qui lui met les bâtons dans les roues dans sa vision colonisatrice du Sahara occidental. Non seulement il a reconnu Israël dans sa partition géographique actuelle. En un mot avec Jérusalem comme unique capitale de l’État hébreu mais aussi la non dénonciation de la colonisation juive effrénée de la Cisjordanie.

Que peut faire l’Algérie ?

Bien que la marge de manœuvre en l’état actuel des choses est réduite la stratégie que veut mettre en place l’Algérie vise à rétablir un équilibre diplomatique rompu depuis une décennie avec ce qui s’est passé en Syrie et en Libye où Israël profitant de la division du monde arabe s’est engouffré dans la brèche. La tenue du sommet arabe prévu à Alger tendra à éclaircir tout ce qui s’est fait dans l’ombre. On connaitra alors lors de ce sommet qu’on peut qualifier de la dernière chance la véritable position des États arabes concernant le problème palestinien. Que ceux qui soutiennent la démarche de la solution de négocier chacun comme il le veut la reconnaissance d’Israël sans condition préalable le fassent savoir au sein de ce sommet. On saura alors si la ligue arabe a un sens ou bien elle cessera d’exister car ne faisant que de la figuration. Par contre si cette reconnaissance de l’État hébreu est et restera conditionnée par le retour aux frontières d’avant 1967 avec le maintien de Jérusalem Est dans le territoire administré par les palestiniens qui sera érigé en État indépendant avec pour capitale officielle El Qods ainsi que le départ de tous les colons juifs de la Cisjordanie alors ce sommet arabe d’Alger aura réussi sa mission et sauvé l’honneur des Arabes. Bien sûr cela se fera par la signature d’un pacte qui engagera tous les États arabes à le respecter. Est-ce que cela suffira ? Diplomatiquement certainement car la donne aura changé. Le problème du recouvrement de la totalité de la Cisjordanie deviendra un problème arabe et non plus spécifiquement confié aux seuls palestiniens qui on le sait ne font pas le poids face à Israël et les États-Unis qui le soutiennent l’État juif. Les Américains face à une détermination renouvelée du monde arabe changeront leur position actuelle. La question est de savoir si les Arabes ceux du Golfe et à leur tête l’Arabie saoudite adhéreront à une telle proposition. Tout porte à croire qu’ils le feront, peut-être pas avec enthousiasme mais par conviction que s’ils refusaient de reconnaître la territorialité arabe de la Cisjordanie, celle qui existait avant le désastre de juin 1967 il encourreraient la colère de leurs peuples profondément attachés à l’arabité de ce territoire

L’autre question inter palestinienne

Avant la tenue du sommet arabe, le président Tebboune a annoncé la tenue d’une conférence inter palestinienne. L’ordre du jour de cette conférence à laquelle participeront tous les mouvements palestiniens qui existent en Cisjordanie et à Ghaza. On sait qu’entre le parti El Fatah qui gouverne actuellement l’autorité palestinienne à Ramallah et les mouvements islamistes Hamas et le Jihad islamique il y a des divergences de vues profondes. L’ex parti du défunt Yasser Arafat est clairvoyant. Il sait que la confrontation militaire avec Israël ne résoudra pas la question de fond, primordiale aux yeux de Mahmoud Abbas et les dirigeants de l’autorité palestinienne, celle de la fondation d’un État indépendant aux côtés d’Israël. Les mouvements dissidents, islamistes ou autres veulent le recouvrement de toute la Palestine. Ce qui est totalement irréaliste. Au cours de cette conférence d’Alger et avec le concours de la diplomatie algérienne, si habile, dans de telles circonstances, on tentera d’arriver au consensus. Il faut parler d’une même voix. Cela suppose qu’il faut abandonner l’action terroriste et cela cible le Hamas qui donne à Israël le prétexte de continuer son occupation illégale d’un territoire qui ne lui appartient pas au vu de toute les résolutions adoptées par les Nations Unies et d’autre part il sera demandé à la dissidence palestinienne de reconnaître l’existence de l‘État d’Israël aux cotés de celle d’un État unifié palestinien. Là également les discussions et débats ne seront pas aisés mais pour l’Algérie c’est la seule solution pour arriver à mettre d’accord en Mars prochain tous les États arabes sur la question palestinienne.

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