Visite du président Tebboune en Tunisie:
À quoi faut-il s’attendre ?

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La visite du président algérien, la première d’un chef d’État depuis l’investiture de Kais Saied est le signe le plus probant de l’intérêt qu’accorde l’Algérie à sa voisine, la Tunisie. Cette visite vient à point nommé car ce pays traverse une crise politique et économique sans précédent dans son histoire.  En fait les tunisiens espèrent beaucoup de l’Algérie et notre pays consent à franchir un pas en ce sens.

Pour rappel c’est également la première fois que le président Tebboune entreprend une visite d’État à l’extérieur. Par ailleurs le terrain a été balisé par des visites réciproques des deux premiers ministres. Un premier geste de la bonne volonté de l’Algérie a été exprimé la veille même de cette visite du chef de l’État algérien qui a consenti à prêter 300 millions de dollars à ce pays frère afin de lui permettre d’alléger son budget de fonctionnement devenu trop lourd. Bien d’autres aides à ce pays par le nôtre régissent la coopération bilatérale. Ainsi sur le plan de l’énergie l’Algérie approvisionne en électricité toute une partie du territoire tunisien à un prix prohibitif. La fourniture en gaz et en pétrole à ce pays est assurée grâce à un paiement privilégié. L’investiture du président Saied a déplu aux pays qui aidaient la Tunisie en fonction de leurs intérêts géopolitiques comme le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. C’est aussi le cas de la France qui s’est détournée de la Tunisie mais également de pays de l’UE.Néanmoins le cas le plus flagrant de ce lâchage concerne le FMI qui met continuellement la pression sur le pays. La Tunisie s’est finalement retrouvée bien seule dans un environnement implacable qui ne prête qu’aux riches ou à ceux qui s’alignent idéologiquement d’un côté ou d’un autre. Cette double contrainte que le président actuel tunisien refuse de s’y plier lui vaut aujourd’hui tous les déboires. Il veut y mettre fin et il sait que sa seule chance pour y arriver c’est le rapprochement avec l’Algérie.Les deux États ont une vision commune en ce qui concerne les institutions de leurs pays respectifs et les indispensables réformes politiques. Actuellement la Tunisie est traversée par des courants politiques divergents. Les partis existants sont pour les uns alignés au courant islamo conservateur dont les maitres à penser sont les pays du golfe et à leur tête l’Arabie Saoudite et les autres par une vision occidentale qui veut détacher ce pays de sa dimension culturelle arabo musulmane. Nous avons vu comment fonctionnait le parlement tunisien avant sa dissolution par l’actuel président de la république, c’était un chaos qui favorisait la corruption qui avait atteint des sommets. Fort du soutien populaire KaisSaied sait que ce soutien ne durera pas si le pays ne se relèverait pas économiquement or le seul pays sur lequel il peut compter de manière désintéressée est l’Algérie. Une entente sur le plan économique qui prendrait l’allure d’une fusion entre les deux pays est aujourd’hui la seule et dirons-nous l’unique solution. Le voyage du président Tebboune s’inscrit dans cette logique. Durant les deux jours de cette visite du chef de l’État algérien les négociations entre les deux gouvernements travailleront à la réalisation d’un tel objectif. Il y a fort à penser qu’à l’issue de ces négociations les deux États tomberont d’accord pour un calendrier qui favoriserait une plus grande intégration économique entre les deux pays, en attendant le résultat du prochain référendum qui tranchera sur ce que seront dans l’avenir les liens entre ces deux pays, condamnés à réussir pour mieux affronter les défis mondiaux qui donnent plus de chance à des regroupements régionaux. L’ère des isolements ne fait plus partie de ce siècle.

 

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