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Hier, en cette soirée de dimanche, Alger était en fête. Des centaines de milliers d’Algérois (Alger-centre, sa périphérie lointaine et immédiate) étaient présents pour accueillir l’équipe de Bouguerra à son retour du Qatar où elle emporta la coupe arabe des nations. C’est justement ce trophée, le deuxième en l’espace d’un an et demi que les Algériens attendaient avec impatience, retenant leur souffle, jusqu’au dernier coup de sifflet de l’arbitre, signifiant la fin du match et la victoire incontestable des verts.

La veille déjà après le second but de Yacine Brahimi, c’est toute l’Algérie qui est sortie dans la rue, femmes, hommes, enfants ont envahi les artères et places publiques de toutes les villes du pays, métropoles, villes moyennes et jusqu’aux villages reculés du territoire national. Seul le foot, sport roi en Algérie pouvait rassembler autant de monde dans la convivialité la plus totale.

Hier, l’accueil était délirant : Youyous, chants, applaudissements nourris au passage de l’autocar qui transportait les Fennecs, lesquels répondaient à ces foules en brandissant haut la fameuse coupe afin que tout le monde la voie. Les verts aussi participaient par des gestes de fraternité et de remerciements à cette marée humaine venue, spécialement les remercier de leur avoir donné tant de joie. Cette foule bigarrée et en couleur a démontré la grande diversité du peuple algérien, mais uni, comme l’est une nation. Il n’y avait aucune distinction entre les hommes et les femmes, c’était tous des citoyens. C’est cela l’Algérie nouvelle qui rassemble ses filles et ses fils autour de l’étendard vert et blanc frappé du croissant et de l’étoile de couleur rouge écarlate. Ce drapeau chèrement acquis au prix d’un million et demi de martyrs qui flotte fièrement sur nos institutions et que des dizaines de milliers de personnes s’en étaient drapées pour livrer leur sentiment patriotique envers cette Algérie pérenne et indestructible. Place donc à la fête qui a duré une bonne moitié de la soirée. C’était un dimanche pas comme les autres car il est désormais ancré dans la mémoire collective. Dans une rétrospective et si l’on revient quelques mois en arrière l’on peut dire que cette équipe nationale qui a enfanté l’équipe A’ désormais détentrice de la coupe arabe sous la direction de Madjid Bouguerra, était longtemps mise à l’épreuve par des gestionnaires incompétents et par des entraineurs qui n’étaient soucieux que de ce que contenait leur contrat. Cette équipe s’est soudainement réveillée de sa torpeur avec l’arrivée de Djamel Belmadi, ce franco algérien qui avait à cœur son pays attristé qu’il était de voir tant de joueurs émérites mis à l’écart. Il savait que ces jeunes footballeurs talentueux dont certains d’entre eux faisaient partie de clubs européens prestigieux pouvaient renverser cette tendance persistante à laquelle était plongé le football algérien durant des années. La preuve, avec une équipe formée sur le tas il y a quelques mois à peine, constituée de beaucoup de locaux a pu décrocher la coupe arabe en jouant trois matchs suivis de prolongation en des periodes très courtes, sans bénéficier de temps de repos nécessaire, contrairement à ses adversaires. Djamel Belmadi cet entraineur motivé, voulait rééditer l’exploit de l’équipe nationale de1982. Il en avait la capacité et la mouture mais plus que cela, la motivation. En coach responsable il a su, mieux que ses prédécesseurs initier l’esprit d’équipe qui manquait aux verts. Mieux que quiconque avant lui il trouva cette stratégie de conquête du terrain en choisissant ceux qui pouvaient marquer des buts à des moments où l’adversaire ne s’y attendait pas. Cette tactique du foot dont il a le secret lui a permis de faire gagner l’équipe nationale et remporter la coupe d’Afrique des nations. En déléguant à Bouguerra ce joueur talentueux la direction d’une équipe A’ triée sur le volet pour aller à la conquête du monde arabe en gagnant cette coupe qui a toujours échappé à l’Algérie, il se réserve pour la qualification en coupe du monde dans ce même pays, le Qatar et probablement dans le même stade pour être présent et gagner le plus de matchs possibles. Hier donc Alger et ses habitants ont scandé à pleins poumons l’espoir d’une renaissance enfin acquise avec une équipe 39 fois imbattable.

 

 

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