Sécurité environnementale à Annaba:
Pourquoi pas une police municipale ?

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Le cadre de vie ne cesse de se dégrader à Annaba et ses alentours. La police nationale ne peut pas tout faire. Elle est déjà suffisamment occupée à traquer les délinquants et les vendeurs de stupéfiants. C’est le rôle et la mission d’une police spécifique chargée de donner un cadre agréable aux habitants de la municipalité, lesquels, ces derniers temps subissent toutes sortes de désagréments : insalubrité, encombrement des trottoirs, circulation et stationnement anarchiques …

Il existe certes une fraction de la police nationale qui a été détachée pour veiller aux normes environnementales, sauf que les effectifs qui la composent sont réduits et ne peuvent pas remplir leur mission comme il se doit. En général ils restent confinés dans leur commissariat et ne se déplacent que lorsqu’une plainte est déposée par un citoyen ou un appel téléphonique dénonçant un acte de nuisance. Cela ne suffit manifestement pas. Il faut, soit multiplier par dix le nombre de ces policiers détachés à l’environnement et leur fournir le nombre de véhicules adéquats pour bénéficier d’une plus grande mobilité, soit se tourner vers une autre solution, celle de la création d’une police municipale dotée de moyens et disposant d’effectifs répartis à travers les principaux quartiers de la ville et de sa banlieue. L’existence d’un tel corps de police est prévu par le code communal. Il existait d’ailleurs au cours de la décennie quatre-vingt. On se souvient, du moins pour la génération de cette période de ces uniformes marron foncé qui circulaient en ville pour apprendre aux citoyens à bien se conduire dans un espace public. Cependant la création en ce temps-là de cette forme de police avait été faite dans la précipitation et sans objectifs précis. L’APC de l’époque s’était mise à recruter sans se préoccuper du profil du candidat. Elle s’est retrouvée avec un corps de police hétéroclite dont les éléments se comportaient comme des délinquants en puissance. Au bout de quelque temps et à la suite de plaintes nombreuses émanant des citoyens, il fut alors procédé à la dissolution de cette police communale dont la mission pour laquelle elle était censée intervenir était toute autre. Néanmoins les temps ont changé, quarante années se sont écoulées depuis. La ville n’a cessé de s’agrandir et la population a décuplé. Les problèmes environnementaux ont été multipliés par dix et le cadre de vie forcément ne peut que se dégrader. L’existence d’un corps de police intermédiaire, faisant la jonction avec la sûreté nationale est plus que jamais nécessaire à condition toutefois d’en énumérer les objectifs précis qu’on doit assigner à un tel corps. Une fois les missions ciblées il faut alors former des agents chacun dans une spécialité précise. De telles spécialités ne manquent pas. Il y a par exemple la salubrité qui est un des fondements du cadre de vie, il y a aussi la réglementation de la circulation en ville qui accompagnera les agents de la circulation routière qui dépend de la police nationale. Ainsi par exemple les policiers municipaux pourront intervenir en empêchant les deux roues de circuler comme des cow-boys sur les trottoirs ou en sens interdit, ils pourront de même verbaliser toutes ces voitures qui stationnent là où elles ne doivent pas l’être. Ils pourront aussi empêcher tous ces vendeurs à la sauvette d’envahir impunément et dans un désordre absolu tous les espaces publics et jusqu’aux trottoirs. Une telle police doit néanmoins disposer d’un statut et jouir de prérogatives judiciaires, sans cela on ne la prendra pas au sérieux. Ainsi les agents pourront verbaliser et les amendes versées rempliront les caisses de la municipalité. Il faut aussi et impérativement protéger ses agents de toute forme d’agressivité verbale ou physique. De fait ils devront jouir de la protection juridique d’outrage à magistrat dont l’auteur est condamné par la justice. Certes l’existence d’une telle police exige un budget qui lui soit propre et un personnel qualifié qui ne doit pas nécessairement être recruté à l’extérieur, gonflant ainsi démesurément la masse salariale, il y a beaucoup d’agents communaux qui travaillent dans les bureaux mais dont l’utilité n’est pas visible ou reconnue comme indispensable. Un tel réservoir de ressource humaine existe. Quoi de plus adéquat de le former en l’affectant dans un tel corps. En fait les solutions existent il faut seulement avoir la volonté de les rendre applicable. Le fera-t-on ? Ou bien comme d’habitude on continuera de se soucier comme d’une guigne du bien-être des citoyens ?

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