Les autorités locales laissent faire un commerce des rues devenu, ces derniers jours envahissant, c’est le moins que l’on puisse dire. Aucune rue, place publique que ce soit au niveau du centre ville, dans les quartiers et jusqu’à la périphérie ne sont ménagés par des centaines de vendeurs à la sauvette qui vendent de tout : Légumes et fruits, vaisselle, vêtements et nous passons. Les propriétaires de magasins voient cela avec un dépit manifeste.
Est–ce une volonté politique de laisser cette armée de jeunes, manifestement sans emplois, exercer un commerce pourtant catégoriquement interdit par la loi ? Si c’est le cas c’est le signe d’un échec car quand on affiche une détermination sans faille pour lutter contre ce parasitage économique, on ne fléchit pas et on reste ferme dans ses positions. Le gouvernement a-t-il momentanément lâché du leste ou bien est –il tout simplement dépassé par l’ampleur du phénomène de l’informel ? Toujours et–il que ceux qui profitent de ces ventes de produits de consommation, hors du circuit formel et légal de l’économie nationale ne sont certainement pas ces simples vendeurs mais ceux qui leur livrent la marchandise, en un mot les fameux barons qui sont toujours là, plus puissants que jamais, cette mafia qui ne s’avoue pas comme telle qui fait des profits faramineux en ne payant aucun impôt. Qui est le dindon de la farce dans ce cas précis ? Les commerçants bien évidemment, qui paient leurs contributions fiscales auxquelles il faut ajouter toutes les charges inhérentes: Loyers, factures d’électricité et paie des employés. Le fisc, quant à lui est le plus grand perdant. Cette flambée du commerce informel concerne particulièrement Annaba. Certes toutes les villes du territoire national connaissent plus ou moins ce phénomène mais à Annaba il a pris une telle proportion qu’on peut vraisemblablement dire que cette ville est devenue un vrai centre d’attraction pour ce genre de commerce. Devant des forces de l’ordre dont les camions sont stationnés autour des places publiques une multitude de vendeurs déploie à même les trottoirs leurs marchandises, crient, se bousculent à qui mieux mieux pour attirer vers eux les passants qui s’arrêtent en plein milieu de la chaussée, empêchant les véhicules de circuler, créant ainsi un tohu- bohu indescriptible sous l’œil désintéressé des policiers qui ne prennent même pas la peine de mettre un semblant d’ordre dans cette anarchie caractérisée. Interpellant un agent de la force publique nous lui avons posé la question de savoir pourquoi il n’intervenait pas. La réponse de celui-ci est sans appel « Nous n‘en avons pas reçu l’ordre » ajoutant « Quand on nous dit de le faire on le fait toujours comme on l’a toujours fait, mais ce n’est pas le cas ces derniers temps ». Cela veut donc dire que les autorités dont on ignore les vraies raisons ont pris la décision de laisser faire. Mais jusqu’à quand ? Ce sera fait quand le ras le bol généralisé s’exprimera et on foncera comme des vautours sur ces vendeurs à la sauvette comme on l’a toujours fait mais pour un temps seulement car le phénomène et récurrent, comme il l’ a toujours été à moins d’y mettre un terme définitivement et cela concerne l’Etat et son représentant dans cette wilaya Ce fléau , car ç’en est un, a toujours donné du fil à retordre à toutes les autorités locales . En fait pour que pareille chose soit stoppée il faut s’attaquer à la source et celle –ci a un nom : La mafia du commerce informel. Ses tenants appartiennent à des clans qui se partagent des zones d’activités, lesquelles sont installées dans des zones de non droit, périphériques à la ville. Ces clans emploient des jeunes au chômage qui résident le plus souvent dans les villages environnants, leur avançant l’argent pour acheter leurs marchandises moyennant une ristourne. Ces clans sont eux-mêmes affiliés au plus grand cartel du commerce informel établi à Tadjenent. En fait c’est une organisation illicite qui contourne les lois du pays.
