Récupération des biens saisis/
  Ali Haddad, Kouinef et Tahkout concernés

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La décision a été prise en décembre dernier. Toutes les entreprises ayant appartenu aux groupes industriels d’Ali Haddad, des frères Kouinef et de Mohiédine Tahkout deviendront la propriété de l’État en attendant d’être transférées aux EPE activant dans le même secteur d’activités. Ainsi les oligarques les plus connus passent à la moulinette, en attendant les prochains.

 

La procédure de récupération ayant été achevée il reste à présent de définir la destination de ces entreprises vers les secteurs d’activités appropriés. L’État a fait son choix en préférant intégrer ces entreprises au patrimoine industriel public, en d’autres termes confier celles-ci aux EPE les plus performantes. C’est un grand soulagement pour les milliers d’employés de ces entreprises dont le sort était incertain. Seront-ils tous réhabilités dans les postes qu’ils occupaient auparavant ? Cette question n’a pas encore été tranchée. Pour le moment il s’agit de biens immobiliers, mobiliers, équipements et d’avoirs financiers. Les administrateurs qui avaient été nommés par le gouvernement au lendemain de l’arrestation des propriétaires de ces entreprises avaient uniquement pour tâche de recenser tout ce que possédaient en propre ces derniers. Cette mission est à présent terminée. C’est aux EPE choisies pour prendre la reprise des activités de ces groupes industriels de définir leurs domaines de production. Seront-ils intégrés à l’organigramme des entreprises publiques ou seront-ils transformés en filiale de celles-ci ? Il y aura donc, forcément, un réaménagement dans la gestion de ces EPE. L’État veillera scrupuleusement à ce que ce rajout d’activités sectorielles ne soit pas à la traine et qu’il devienne un poids mort pour ces entreprises publiques. Des interventions de contrôle dépêchées par le gouvernement seront faites de manière régulière afin de savoir si ces EPE soudainement enrichies d’un patrimoine industriel nouveau sont à la hauteur ou pas. Dans le cas contraire l’État se réserve le droit de les confisquer à nouveau pour les mettre en vente au plus offrant. De l’optique de l’État il n’est pas question de revenir à une situation où la puissance publique se retrouve endettée à cause de perfusion financières comme cela a toujours été le cas pour les EPE qui ne survivent que grâce à des aides massives de l’État, la plupart du temps renouvelées, sans résultat apparent. D’où précisément le choix pointilleux des EPE éligibles au transfert de ces biens saisis. Les domaines d’activités des groupes industriels qui viennent de faire l’objet de saisie sont multiples. Cela va du bâtiment, l’hydraulique, l’électroménager, le montage automobile et le transport public. Les EPE œuvrant dans ces secteurs sont aujourd’hui soumises à l’épreuve de la concurrence et celle-ci est farouche. Le temps où les anciens propriétaires bénéficiaient de privilèges accordés par l’ancien régime politique qui a gouverné le pays durant vingt ans est révolu. Aujourd’hui seules la performance et la compétitivité ont droit de cité.Les EPE destinataires de ces transfert ne bénéficieront d’aucun privilège. Elles doivent faire preuve d’innovation pour être présentes sur le terrain économique nouveau. Face à une concurrence intraitable et infaillible, elles devront s’aligner aux nouvelles formes de gestion de leur nouveau patrimoine. Le cadeau que vient de leur faire l’État n’est pas un présent fortuit, une sorte de manne providentielle mais un contrat d’engagement soumis à des obligations de résultats, lesquels ne se dilueront pas dans la durée mais devront souscrire à l’immédiat. Ces EPE enrichies d’un nouveau patrimoine seront-elles capables de relever un tel défi ? On le saura au fur et à mesure des résultats qu’elles afficheront au bout d’une année.

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