Situation précaire en Tunisie:
Les frontaliers veulent tenter leur chance en Algérie

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Les populations frontalières tunisiennes constatant la détérioration croissante de leur quotidien voient en le pays voisin, le nôtre, un eldorado. Beaucoup de personnes s’amassent régulièrement à la lisière de la frontière séparant les deux pays, souvent loin des postes frontaliers. Certains réussissent à la franchir, d’autres n’ont pas cette chance. Leur motivation : Trouver un travail, n’importe lequel pour aider leurs familles restées là-bas.

 

Leur ambition affichée n’est pas de rester longtemps en Algérie mais juste le temps de se mettre à l’abri de la pauvreté qui a gagné du terrain dans les gouvernorats qui ont de tout temps été défavorisés sur le plan économique et social. Les jeunes surtout dont le taux de chômage atteint des sommets. La plupart d’entre eux tentent l’aventure de la traversée en mer pour rejoindre les rivages de la péninsule italienne, notamment l’ile de Lampedusa dont le nombre de migrants tunisiens est nettement supérieur à celui des autres migrants, notamment africains. À tel point que la population insulaire est aujourd’hui à bout et réclame du gouvernement de Rome une solution à un problème récurrent qui a fait de cette ile une zone de transit dont la durée indéterminée énerve les habitants.  Pour les jeunes restés au pays qui voient leur avenir compromis, notamment ceux habitants le pays profond dont l’activité économique et majoritairement agricole, la solution d’aller tenter leurs chances dans les pays voisins, à savoir la Libye et l’Algérie reste pour eux la seule alternative. La Libye qui a l’habitude de recevoir en grand nombre l’émigration tunisienne n’est plus en mesure de garantir la sécurité de ceux qui veulent vouloir s’y établir. La situation politique de ce pays, confronté quotidiennement à des luttes internes souvent sanglantes rend aléatoire la présence d’une émigration massive. Les Africains le constatent régulièrement en voulant traverser le pays du sud au littoral pour regagner l’Europe. Les groupes, milices et mafias locales les pourchassent implacablement pour les réduire à l’esclavage. Ce n’est certes pas le cas des ressortissants tunisiens qui ont toujours entretenu de bonnes relations avec les voisins libyens et cela remonte au temps de l’exercice du pouvoir par Kadhafi. Il y a cependant un danger pour ces jeunes tunisiens qui franchissent la frontière Est de leur pays espérant de trouver du travail dans les bases pétrolières. Rares sont ceux qui y parviennent. Souvent les milices locales ou les tribus leur proposent d’intégrer leurs groupes armés moyennant soldes intéressantes. Rares sont ceux qui refusent une telle offre mais ils mettront une croix sur leurs ambitions d’intégrer l’économie libyenne dont les ressources sont considérables. Ceux qui réfléchissent posément à leur avenir refusent de tenter une aventure aux lendemains incertains où le risque de perdre sa vie est constant. Ceux-là choisissent l’Algérie dont certes les richesses ne sont pas aussi importantes que leur voisin duSud mais dont la stabilité et le nombre incalculable d’activités qui sont recensées notamment dans la restauration,l’hôtellerie, l’artisanat et tous ces petits métiers que les Algériens rechignent d’exercer mais dans lesquels les tunisiens sont appréciés les font lorgner de plus en plus vers notre pays, d’autant que les populations frontalières peuvent librement circuler dans des zones limitées. Souvent les autorités algériennes ferment les yeux et permettent à de nombreux jeunes d’entrer plus profondément au pays. La plupart d’entre eux choisissent d’aller à l’ouest où l’offre de travail dans des secteurs où les tunisiens excellent est abondante. Alger et ses environs exercent aussi un attrait pour ces jeunes chômeurs tunisiens. À l’Est où vit une importante communauté tunisienne la perspective de trouver rapidement un emploi est très réduit. Depuis une année la situation économique du pays voisin s’est considérablement aggravée dans la plupart des gouvernorats éloignés du littoral. Les populations locales sont confrontées quotidiennement à un problème de survie. Face à une inflation qui ne cesse d’augmenter, les habitants de ces « no man’s land » font face à une flambée des prix de produits de consommation les plus élémentaires. Actuellement des milliers de familles réclament l’aide sociale de l’État tunisien, lequel fait face à la plus grande crise financière de son histoire. Demandant l’aide du FMI celle-ci est conditionnée par une plus grande austérité laquelle concernera, comme c’est toujours le cas les populations à faible revenu ou aux revenus carrément inexistants.

 

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