La décision de suspendre provisoirement tout retrait du permis de conduire aux contrevenants du code de la route n’est pas celle que l’on pense, c’est-à-dire un geste de générosité de la part de l’État. En fait elle est purement technique et a pour seul objectif, celui de faire entrer de l’argent dans les caisses de l’État.
Le gouvernement devant la lenteur de l’application du permis à points, laquelle, entre parenthèses, a trop duré a jugé bon d’intervenir autrement et surtout plus efficacement. En effet une application systématique du retrait de permis engage une procédure interminable pour le préjudiciable et pour l’administration qui en a la charge. Cela handicape surtout le contrevenant, surtout celui qui est à sa première infraction qui et cela et souvent arrivé attend des mois pour reprendre son permis confisqué. Et surtout cela ne rapporte rien au trésor public. Alors autant frapper tout contrevenant dans son porte-monnaie sans passer par des commissions qui prennent leur temps pour décider. Ainsi chaque partie trouvera son compte. Le contrevenant, voulant à tout prix avoir à nouveau son permis rapidement pourra le faire moyennant le paiement d’une amende fixée selon la gravité de l’infraction. Il existe un barème à ce niveau. Ainsi celui qui a contrevenu gravement au code de la route verra certes son permis confisqué par l’autorité mais il a un avantage qu’il n’avait pas auparavant, il pourra circuler avec une attestation délivrée par celle-ci comme c’est le cas pour les infractions bénignes. Une attestation dont la durée ne dépassera pas dix jours, le temps pour lui de pouvoir payer l’amende qui lui est signifiée par l’autorité. Il a en outre 45 jours pour s’acquitter de cette amende, faute de quoi il répondra de son acte devant le tribunal. Cette méthode est jugée par le gouvernement plus commode, moins bureaucratique et permettra surtout au trésor public de récupérer des sommes d’amendes non négligeables. La mesure semble faire l’unanimité même si elle sera douloureuse pour les contrevenants surtout les récidivistes qui seront obligés de payer chaque infraction dont le montant leur donnera certainement à réfléchir à deux fois plutôt qu’une s’ils sont tentés de « bruler » un feu rouge, de ne pas marquer l’arrêt du stop ou de circuler en sens interdit. À l’extérieur des villes c’est surtout l’excès de vitesse qui donnera matière à réflexion pour les récalcitrants car là l’amende est salée. La gendarmerie nationale quant à elle est satisfaite par cette nouvelle mesure concernant la suspension du retrait du permis. Pour ce corps constitué les procédures relatives aux infractions deviendront plus simples car les contrevenants ont besoin de garder leur permis en poche car sans cela ils seront immobilisés. Alors ils paieront toute amende avec certes un rictus mais au fond d’eux-mêmes ils en tireront les conséquences. Il reste quand même une question qui concerne ceux dont le permis a été retiré avant la promulgation de cette décision de suspension du retrait du permis. En principe ils devront attendre l’avis de la commission qui se tient périodiquement au niveau des wilayas car juridiquement toute décision prise dans un cadre juridique n’est pas rétroactive, à moins que le gouvernement statue pour eux et leur donne la possibilité de récupérer leurs permis moyennant une amende à payer. Pour ceux qui sont potentiellement en mesure de payer ce sera une bonne nouvelle pour eux, ceux qui ne le pourront pas attendront leur tour devant la commission laquelle croule sous une pile de dossiers non encore instruits.
