Taux de nuptialité en Algérie:
On se marie moins et la tendance perdure

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Les statistiques le confirment les Algériens contractent moins de mariages en comparaison des cinq années précédentes. Une baisse de moins de dix pour cent a été calculée par les statistiques officielles. Les raisons de ce recul sont multiples : Cela va de la situation instable des jeunes en âge de se marier souvent au chômage ou travaillant pour des salaires ne pouvant faire vivre qu’une seule personne et la plupart du temps permettant à peine d’acheter une paire de chaussures. Penser dans ce cas-là à s’unir et avoir des enfants est illusoire. Les jeunes gens qui peuvent se le permettre appartiennent à des milieux appartenant à la classe moyenne, C’est souvent les parents issus de ces milieux qui poussent leurs enfants à se marier, leur assurant le gite et le couvert. Nous ne parlons pas des catégories les plus aisées de la société lesquels se lient entre elles souvent par intérêt. Le reste de la population est partagé entre ceux qui sautent le pas lorsqu’un des futurs conjoints occupe un emploi stable qu’il soit homme ou femme et ceux qui demandent l’aide de leurs familles pour les épauler durant un certain temps jusqu’à ce que l’un d’eux trouve un emploi ou exerce une activité même rudimentaire pour pouvoir subvenir aux besoins du couple. Il y a enfin les autres, largement plus nombreux qui se sont tout simplement résignés au célibat, conscients que s’ils se mariaient cela irait au de mal en pis, préférant raisonnablement engager leur avenir sans entraîner malheur et déception en contractant une union mal partie dès le départ. Or c’est ce qui arrive très souvent lorsqu’un homme sans ressources accepte de se marier avec une femme aussi démunie que lui. Cela finit par un divorce ou une séparation longue qui usera le couple jusqu’à ce qu’il se résigne à en finir légalement. Aujourd’hui les tribunaux civils croulent sous les dossiers de divorce. Les séances se suivent et se ressemblent dans leurs conclusions qui entérinent la fin de l’union conjugale. Les verdicts sont souvent contestés quand ce n’est pas le cas de divorce avec consentement mutuel et cela engage des procédures qui ne finissent pas à cause de leur complexité. Se marier dans ces temps particulièrement difficiles est devenu une gageure. C’est un peu jouer à la roulette russe. D’où ce recul significatif du taux de nuptialité et le pourcentage augmentera, selon les prévisions jusqu’à 2030 et même 2040. En 2016 on prévoyait une augmentation de la population à l’horizon 2050 pouvant atteindre les cinquante millions d’habitants. Si la tendance actuelle perdure ce chiffre ne sera pas atteint. Il y aura une stagnation et un tassement des naissances. Dans l’avenir pour connaitre à nouveau, comme au cours des années 2000, une reprise de la nuptialité, entraînant un baby-boom il faudrait une croissance économique forte qui entraînerait une baisse significative du chômage car à présent le paramètre croissance économique est étroitement lié à celui de la nuptialité. Nous avons aujourd’hui affaire à une génération de jeunes gens des deux sexes qui réfléchit et qui ne veut pas se trouver piégée dans une aventure aux lendemains incertains parsemée de misère et de désespoir. La modernité dans les mœurs est définitivement installée. Fini le temps de la famille patriarcale où tout se décide par les ainés. Cette époque fait partie d‘un passé, perçu aujourd’hui comme lointain. La famille algérienne actuelle s’individualise et se nucléarise au fil des ans. En un mot la société algérienne s’occidentalise à un rythme jamais connu auparavant. Les us et coutumes d’hier ont cédé la place à une standardisation du commun où règnent en maîtres absolus les réseaux sociaux qui ont littéralement balayé les sentiments d’antan où l’affectivité et la solidarité maintenaient un certain équilibre social.

 

 

 

 

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