Lamamra à France 24 et RFI:
  « Les présidents Tebboune et Macron ont d’excellentes relations personnelles »

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Notre ministre des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a accordé à deux médias français de grande audience un long entretien dans lequel il a répondu très à l’aise et avec une grande franchise à des questions portant sur l’état des relations entre l’Algérie et la France, sur la situation au Sahel et celle qui prévaut à la frontière ouest de notre pays.

En ce qui concerne la relation entre notre pays et la France, notre ministre des AE affirme que la crise diplomatique qui a existé pendant plus d’un mois est à présent dépassée et que la courbe est aujourd’hui ascendante car elle était descendue au plus bas. Le ministre a ajouté que les deux chefs d’État, algérien et français, entretiennent des relations de haut niveau pouvant être qualifiées d’excellentes. Lamamra a souligné que les deux présidents se téléphonent souvent. C’est grâce à une telle communication que les malentendus se sont dissipés. Ainsi en ce qui concerne l’invitation adressée par le président français à son homologue algérien d’assister au sommet UA-UE prévu à la mi-février, le président Tebboune sera très probablement présent. Certes il existe encore des problèmes entre les deux pays qu’il faut résoudre comme la sécurité de nos compatriotes ou une éventuelle expulsion de ceux qui sont entrés clandestinement sur le sol français. Ces questions doivent être discutées sereinement et dans l’acceptation de compromis envisageables. Pour notre ministre il est hors de question de donner l’aval à une expulsion massive à bord de charters. « Cela nous le refusons catégoriquement. C’est une question de dignité des personnes. Certes l’Algérie reconnait que la question est embarrassante pour les Français et c’est pour cette raison que nous sommes prêts à discuter de formalités qui peuvent intéresser les deux pays comme les recours ». En ce qui concerne la question mémorielle le ministre algérien a déclaré que c’est avant tout le problème des historiens des deux pays qui doivent faire le travail de vérité sans se jeter des accusations pouvant entacher toute objectivité. Les français doivent dévoiler certains faits classés défense nationale qui se sont déroulés au cours de la période coloniale sans l’imputer comme ils le font souvent aux combattants de la guerre de libération nationale. Lamamra a aussi abordé les problèmes d’archives classées qui doivent être connues par les opinions des deux pays. Un pas a été fait en ce sens, il faut que celui-ci soit le plus étendu possible. Pour notre ministre il est aujourd’hui inconcevable de garder des cranes de résistants à la conquête française de l’Algérie dans des musées qui sont exposés comme des trophées de la guerre coloniale. Ils doivent retourner dans leur pays. Lamamra a ensuite abordé la situation qui prévaut au Sahel et plus particulièrement au Mali. À une question concernant le survol, à nouveau de l’espace aérien algérien aux avions militaires français, le ministre a répondu que ceux-ci pourraient reprendre. Pour le ministre c’est avant tout une question technique. Au sujet de la présence russe sur le sol malien, Lamamra se veut prudent car pour lui ce ne sont pas des militaires envoyés par Moscou auquel cas l’Algérie s’y opposera comme elle l’a fait avec la Libye. Il reste que notre pays selon Lamamra emploiera toute son aide diplomatique dans un cadre strictement africain. En ce qui concerne les relations tendues qui existent entre le Maroc et l’Algérie notre ministre met en cause le pays voisin, lequel a-t-il dit ne cesse de provoquer continuellement notre pays en faisant intervenir une puissance étrangère qui n’a strictement rien à voir dans le différend qui existe entre les deux pays. Une puissance qui fait dans la menace dans des propos malencontreux et tout à fait erronés concernant l’Algérie. Notre ministre a en outre déclaré que ce n’est pas l’Algérie qui veut la guerre mais plutôt le Maroc qui est en train de pratiquer la fuite en avant pour éluder un vrai problème de décolonisation qu’il refuse de régler voulant à tout prix engager la responsabilité de l’Algérie qui n’a rien à voir dans ce qui l’oppose à la résistance sahraouie.

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