Approvisionnement en gaz de l’Europe:
L’OTAN propose l’alternative du GNL algérien

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Selon le journal espagnol « Lavangardia » un projet de gazoduc reliant l’Espagne et l’Allemagne qui passerait par la France a été présenté par l’OTAN. Il s’agit du gaz algérien qui alimente actuellement la péninsule ibérique et qui pourrait grâce à la réalisation d’un gazoduc financé par l’UE mettre fin à la dépendance exclusive de la Russie.

L’Espagne qui défend ce projet pourrait ainsi devenir une plateforme de distribution en GNL de l’Europe centrale. Il y a derrière cette idée les Américains lesquels, en fait, dirigent l’OTAN. En réalité cette option a toujours existé mais elle n’était pas une priorité. Elle l’est devenue dans le contexte géopolitique actuel avec la menace russe aux frontières de l’Ukraine. La Russie maintient la pression militaire et aucun accord de désescalade n’est en vue malgré la tentative récente d’Emmanuel Macron, président en exercice de l’UE d’atténuer une telle pression. La demande russe faite aux américains d’exiger de l’Ukraine de renoncer à sa demande d’intégrer l’Alliance atlantique a été rejetée en son fond et en sa forme par les États-Unis et on n’en est là ! Sachant qu’une invasion par les russes équivaut à une déclaration de guerre la réponse des États-Unis n’en est pas moins ambigüe. Pour les Américains l’Ukraine ne faisant pas partie de l’OTAN n’est pas liée par le pacte de défense faisant intervenir l’organisation militaire outre atlantique, ce qui rend une guerre contre la Russie illégale sur l’énoncé du traité lui-même. Alors l’organisation étudie toutes les options et celle qui lui parait convaincante concerne l’affaiblissement économique de la Russie. En cas de maintien des troupe russes à la frontière ukrainienne ou d’une invasion partielle du territoire ukrainien dans la région du Donbass dirigée actuellement par les séparatistes russophones, les sanctions américaines et européennes seront activées automatiquement. Il s’agit surtout de sanctions économiques. Celles-ci existent déjà suite à l’annexion de la Crimée par la Russie mais elles n’ont pas eu l’effet escompté. Par contre estime l’Otan, en fait les américains, la principale arme dissuasive qui pourrait dissuader Poutine de renoncer à son rêve d’isoler l’Ukraine du reste de l’Europe c’est de ne plus s’approvisionner en gaz russe. En d’autres termes mettre fin au contrat d’acheminement qui alimente l’Allemagne et une partie de l’Europe de l’est. Ce sera, estiment les américains un vrai coup dur pour l’économie russe qui dépend exclusivement des hydrocarbures dont le gaz en représente l’essentiel des dividendes. L’OTAN estime qu’on pourra faire l’économie d’une guerre qui risque de déborder pour devenir continentale. En étranglant économiquement la Russie, ce pays finira par comprendre que l’affaiblissement de son économie risque de lui couter cher sur le plan intérieur. Il reste à présent à savoir si ce projet de gazoduc partant de l’Espagne est viable dans la durée ou pas. Les avis des experts sont partagés. Pour eux l’Algérie ne pourra pas se substituer aux russes car sa production est loin d’être au niveau de ces derniers. Pour d’autres cela et possible dans le cas où l’Algérie décuple ses capacités de production de gaz. Le pays estiment ces experts possède encore des réserves immenses en gaz qui ne sont pas explorées. Si elles le sont l’Algérie pourra fournir en gaz toute l’Europe de l’ouest et centrale. En attendant et pour parer à l’urgence de la situation la construction d’un gazoduc partant d’Espagne vers l’Europe, en passant par la France, pourrait devenir une solution provisoire à un éventuel blocage d’approvisionnement du gaz russe vers l’Allemagne. La France qui s’était opposée par deux fois à ce projet défendu par l’Espagne pourrait réviser sa position sous la pression de l‘OTAN. Il est intéressant de savoir ce qu’en pense l’Algérie qui vraisemblablement n’a pas été consultée sur ce sujet. Le sujet est délicat. D’un côté l’Algérie a tout à gagner dans cette affaire car progressivement elle deviendra le partenaire privilégié des pays de l’UE en matière de fourniture du GNL, mais de l’autre sa relation avec la Russie qui est très ancienne pourrait en pâtir. C’est donc un choix cornélien que l’État algérien devra faire si dans un proche avenir on lui soumettait la proposition de fournir plus de gaz via l’Espagne pour se substituer aux russes. Lequel des intérêts primera ? Celui de l’amitié algéro-russe ou celui d’augmenter considérablement un matelas de devises qui en a bien besoin pour propulser la croissance économique à son niveau le plus élevé ? Là est toute la question.

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