Le ministre des transports s’est exprimé sur l’état du transport aérien, déclarant que la compagnie nationale « Air Algérie » est dans la tourmente, estimant que des réformes la concernant doivent se faire au plus tôt car la survie de la compagnie en dépend. Sur sa lancée le ministre n’exclut aucunement l’introduction du secteur privé dans le secteur du transport aérien et maritime.
Ainsi nous apprend -il que 15 dossiers déposés par des investisseurs privés intéressés par le marché national ont été réceptionnés au niveau du ministère du transport. Ils sont actuellement à l’étude. Rien donc, si on croit le ministre, n’exclut de voir bientôt, des avions abordant un sigle privé traverser le ciel du pays et atterrir dans les aérogares des villes du territoire national. Certes ce n’est pas une première du genre. Nous avions eu dans le passé une concurrente d’Air Algérie, « Khalifa Airways ». L’expérience a été traumatisante du fait que son propriétaire était en réalité un magouilleur de grande envergure doublé d’un escroc. Échaudées les plus hautes instances de l’État ne voulaient plus recommencer ce genre d’expérience. Cependant les temps ont radicalement changé. L’époque prolifique de la prédation économique où s’étaient distingués ceux qu’on désigne sous le vocable d’oligarques est terminée. La nouvelle direction politique à sa tête le président Tebboune entend associer toute les forces vives du pays et le secteur privé en fait intégralement partie. Un secteur privé obéissant aux lois du pays et les réglementations affichant, en toute transparence ce qu’il détient comme capitaux et leur origine. Une fois assimilées les nouvelles règles rien n’interdit à ce secteur d’investir dans tous les domaines de l’économie nationale et le transport aérien et maritime en fait partie. Longtemps considéré comme un monopole exclusif de l’État ce secteur n’a cessé de se fragiliser et connaitre des déboires financiers qui n’en finissaient pas. Le coup de grâce a été donné par la pandémie Covid. La compagnie nationale est aujourd’hui au bord de l’effondrement. Faut-il pour autant l’abandonner à son triste sort ? AissaBekai, le ministre des transports exclut une telle éventualité. Cependant il souligne avec insistance qu’Air Algérie doit subir des réformes profondes dans le domaine de sa gestion. Ainsi selon M. Bekai, la compagnie nationale est en sureffectif. Il y a trop d’employés qui sont sous utilisés, pour ne pas dire pas utilisés du tout. Le ministre donne l’exemple des ateliers de maintenance, indispensables à la bonne tenue de vols qui manquent cruellement d’effectifs. Pour le ministre le personnel en trop de la compagnie doit être formé pour rejoindre ces ateliers et y rester. Ceci a ajouté le ministre est une piste qu’il faut explorer. Il y en a d’autres et toutes doivent converger vers une alternance des postes afin d’éviter tout licenciement brusque car la masse salariale de la compagnie nationale est aujourd’hui anormalement gonflée. A la question d’autoriser le secteur privé de concurrencer Air Algérie, le ministre a répondu que c’est une possibilité sérieuse que l’État n’écarte nullement, précisant qu’il y a actuellement au niveau du ministère 15 dossiers déposés par de investisseurs et qu’ils sont sérieusement examinés. S’ils répondent aux normes nationales et internationales en vigueur, rien n’interdit qu’ils fassent concurrence à Air Algérie. Pour le ministre cette option serait même intéressante pour la compagnie nationale dont le personnel en trop pourra être employé par ces compagnies privées, allégeant ainsi les charges devenus trop lourdes pour l’entreprise nationale. Le ministre ne dit pas si les 15 investisseurs ayant déposé leur dossier d’agrément sont des nationaux ou des étrangers. La question mérite en tous cas d’être posée. Il y a aussi une autre question d’importance à laquelle le ministère des transports devra répondre, peut être aux représentants du peuple qui lui poseront inévitablement une telle question, celle de savoir si ces sociétés privées agiraient en tant que transporteurs de type locaust ou comme Air Algérie. Enfin il y a une autre solution que le ministre n’a pas abordé, celle d’ouvrir le capital d’Air Algérie à des capitaux privés à des investisseurs nationaux. L’État détenant un nombre suffisant d’actions pouvant bloquer toute mesure de disparition de notre compagnie nationale comme c’est actuellement le cas pour Air France. Le fait même que l’État soit aujourd’hui disposé à étudier toute option qui éviterait au label Air Algérie de disparaître représente pour le gouvernement une solution sensée qui mettra fin à la fuite en avant longtemps entretenue.
