Raouya revient donc aux finances après les avoir quittées. C’est le premier ministre, Aymene Benabderrahmane qui a proposé au chef de l’État le retour de celui-ci. Le chef du gouvernement occupait à la fois ce poste en même temps que celui des finances. Une double charge devenue contraignante. La période de grande activité gouvernementale qui l’attend cette année ne lui permet plus d’être à la fois au four et au moulin.
Le travail de l’exécutif double d’intensité. On le remarque depuis le début de cette année. Les mesures et décisions prises en conseil des ministres sont aussitôt appliquées. Dans un tel contexte le premier ministre qui mène la politique gouvernementale ne peut se payer le luxe d’enregistrer tout retard dans l’exécution des décisions prises. De ce fait sa proposition de le décharger de son poste de ministre des finances et de mettre quelqu’un d’autre qui s’en occuperait sous sa supervision a convaincu le président de la république. Celui qui s’occupera des finances publiques n’est pas un inconnu. Il avait déjà été nommé à ce poste sous la présidence du défunt président de la république. Il faisait aussi partie du gouvernement Tebboune quand ce dernier avait été nommé premier ministre. Il est d’autant plus spécialiste dans son domaine. Ce n’est donc pas le premier venu. Certes le fait qu’il ait exercé cette fonction durant la période controversée qui prévalait au temps d’Abdelaziz Bouteflika jetait une certaine ombre sur son personnage mais il faut dire aussi que lorsqu’il était aux commandes de son ministère, certaines propositions qu’il avait faites en son temps ne plaisaient pas du tout à l’entourage de l’ex président et il était souvent contredit par le premier ministre de l’époque qui n’est autre qu’Ahmed Ouyahia. Sa traversée du désert intervenue lors de l’installation de la nouvelle direction politique n’était pas complète. Il était toujours employé au ministère des finances et on lui confiait certains dossiers dont il s’en chargeait avec efficacité. Une autre ministre vient quant à elle entrer au gouvernement en remplacement, cette fois-ci de Wafa Chaalal qui s’est avérée incompétente dans son domaine, un domaine qui retient une attention particulière du président de la république, s’agissant de la culture et des arts. La précédente ministre a déçu le chef de l’État. Il l’a remplace aujourd’hui par une chercheuse connue dans le segment art et culture. Il s’agit de Soraya Mouloudji qui aura pour mission de proposer et de mettre en place dans les plus brefs délais un plan d’action qui ferait sortir la culture et les arts de ce pays, si longtemps mis à l’écart. Une immense tache attend cette nouvelle ministre comme le lancement de l’activité cinématographique si intense au cours de la décennie soixante-dix et qui avait été mise en berne au cours des quarante années qui ont suivi cette période prolifique. Le président dans son programme fait du cinéma,du théâtre et de toute expression artistique son cheval de bataille. Que ce soit une femme au lieu d’un homme la question a vite été tranchée par le chef de l’État. Pour lui la femme est plus sensible de par sa nature à la création artistique et culturelle et lorsqu’il y a une mouture aussi intéressante qu’est cette nouvelle ministre alors il n’y a pas d’hésitation. Ces deux nouvelles nominations au gouvernement Aymène Benabderrahmane donnent le ton d’une orientation tout à fait nouvelle qui ambitionne de faire entrer l’Algérie dans son siècle.
