La crise alimentaire en débat:
Les pays du sud gravement affectés

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Le secrétaire général de l’ONU met en garde : Le continent africain sera particulièrement soumis à une pression alimentaire sans précédent à l’échelle d’un continent. L’arrêt des livraisons de céréales dont plus de la moitié provient de Russie et d’Ukraine causera des problèmes alimentaires aux populations africaines dont le produit de base est le blé et le maïs.

À l’exception de l’Algérie qui a prévu des stocks suffisants pouvant durer jusqu’à la fin de cette année et la continuité d’achat de blé auprès de ses fournisseurs habituels que sont les États-Unis, la France et le Canada pour compléter ses stocks, le reste des pays africains, du nord au sud du continent se trouve dans une situation alarmante car la plupart de ces pays ont toujours dépendu des approvisionnements russes et ukrainiens. Ce sont surtout les pays pauvres du continent qui seront dans une situation alarmante. La famine pointe à l’horizon. Certains pays comme l’Égypte et la Libye, fortement dépendants du blé russe consacreront une part importante de leurs budgets à l’achat de blé dont les cours sur le marché mondial flambent. Nos voisins de l’est et de l’ouest connaîtront bientôt une crise du pain que leurs populations consomment. En Tunisie, des manifestations ont eu lieu et les manifestants brandissaient au lieu des slogans politiques habituels des baguettes de pain. Au Maroc les boulangeries ont limité leurs ventes à quatre baguettes par personne. A l’approche du Ramadan les populations de ces deux pays maghrébins ne tarderont certainement pas à réagir de manière violente. Les États de ces deux pays vont devoir face à ces mécontentements populaires qu’ils n’arriveront vraisemblablement pas à contrôler. En Algérie on est conscient des problèmes qui concerneront en premier nos frontières du nord et du sud. La contrebande de produits essentiels risque de prendre de l’ampleur. Il y a aussi le problème des flots migratoires venant du Sahel où des populations affamées qui fuient, en plus, les zones de conflits opposant ceux qu’on qualifie de djihadistes aux autorités de ces pays risquent d’affluer en masse vers l’Algérie qui partage ses frontières avec le Mali et le Niger. Le pays qui a déjà accueilli un grand nombre de migrants subsahariens sur son sol ne peut plus en recevoir davantage. Au niveau de la frontière algéro -tunisienne les frontaliers viennent régulièrement s’approvisionner à El Tarf, Annaba, Souk-Ahras et Tébessa. Le problème qu’il faut éviter est celui de l’achat massif par ces frontaliers de produits subventionnes comme la semoule, la farine et l’huile de table dont les populations locales en ont besoin car un tel achat injustifié qui sert avant tout la contrebande risque de les faire disparaître des étals des supérettes et épiceries causant ainsi une pénurie dont nos populations pourront s’en passer si un contrôle sévère n’est pas mis en place. À quelques jours du Ramadan certains de ces produits comme la semoule et l’huile de tournesol se vendent sous le manteau. Qu’en sera-t-il au cours du mois sacré ? Dans cette crise qui frappe le continent africain dans le domaine de l’alimentaire, l’Algérie subira des dommages collatéraux que les populations des pays riverains causeront directement ou indirectement à notre pays. Si la guerre entre la Russie et l’Ukraine fait dans les prolongements la crise alimentaire concernant ces pays ne fera que s’aggraver et notre pays risque d’attirer un flot considérable d’affamés qu’on ne pourra pas accueillir raisonnablement même si le coté humanitaire est constant dans les esprits. Si ce conflit se prolonge il faudra sans doute se résoudre à fermer hermétiquement toutes nos frontières terrestres. Le repli sur soi s’imposera plus que jamais même si au niveau de la conscience, il dérange.

 

 

 

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