Brouille entre l’Espagne et l’Algérie:
Les raisons du revirement espagnol

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Le revirement inattendu de l’Espagne concernant le Sahara occidental a fait réagir l’Algérie. La décision de rappeler l‘ambassadeur d‘Algérie en Espagne est une première réaction d’Alger. Il y en aura probablement d’autres qui vont suivre. Quelle mouche a piqué Pedro Sanchez le chef du gouvernement espagnol pour remettre en cause la neutralité de son pays concernant le dossier du Sahara occidental ?

L’annonce faite par le Maroc de l’acceptation par l’Espagne du plan marocain d’autonomie du territoire sahraoui a été confirmée par les plus hautes autorités espagnoles. Ce n’est donc pas une propagande attribuée aux marocains. Jusqu’à présent l’Espagne, ancienne colonisatrice du Sahara occidental a maintenu une stricte neutralité concernant ce dossier qui dure depuis l’invasion marocaine de ce territoire en 1975. Madrid a toujours approuvé les résolutions de l’ONU concernant cet épineux dossier. Ce brusque revirement étonne par sa soudaineté. Il est d’autant plus surprenant aux yeux d’Alger car notre pays a toujours apprécié cette neutralité de l’Espagne entrainant de ce fait un resserrement particulier des relations économiques entre ce pays et l’Algérie. Dernièrement le chef du gouvernement espagnol s’est entretenu par téléphone avec le président Tebboune et cet entretien a été qualifié par les deux parties comme prometteur particulièrement en ce qui concerne l’augmentation de la livraison par l’Algérie du gaz naturel et la perspective en discussion de construire un autre gazoduc reliant les deux pays, en plus de celui déjà existant. En aucun moment Pedro Sanchez, le chef du gouvernement espagnol n’a laissé présager, au cours de son entretien téléphonique avec le président Tebboune, un changement dans la position de son pays concernant le dossier sahraoui. C’est ce qui a étonné Alger qui vient donc de décider de rappeler notre ambassadeur à Madrid. L’Algérie attend à présent des explications de l’Espagne sur ce brusque revirement de sa politique étrangère. Certes la porte-parole du gouvernement espagnol a expliqué, à sa façon, que les relations entre les deux paysrestent forte mais cela ne suffira pas du point de vue algérien qui attend une réponse plus appropriée et claire. Un froid s’est donc installé entre les relations des deux pays, qualifiées il y a seulement quelques jours d’exemplaires. Si Madrid ne révise pas cette nouvelle position il y a fort à craindre que ces relations connaissent une turbulence qui se répercutera sur le plan économique et ce sera l’Espagne qui en sera la perdante. Si Madrid ne reconsidère pas cette nouvelle approche politique concernant le Sahara occidental, l’Algérie prendra acte et le partenariat envisagé par les deux pays en prendra un coup, non pour notre pays mais pour l’Espagne qui dépend de plus en plus de notre gaz surtout maintenant où son approvisionnement en gaz russe est sérieusement compromis. Certes le contrat de livraison du gaz algérien par le nouveau gazoduc qui ne traverse plus le Maroc sera maintenu mais exit toute perspective de réalisation d’un autre gazoduc prévu et dont les discussions entre les deux parties ont déjà commencé. Qui sera finalement perdant dans cette affaire ?  L’Espagne bien entendu car non seulement elle devra faire face à une demande de plus en plus croissante de son gaz dont elle dépend à cent pour cent mais en plus les autres perspectives d’élargissement de son partenariat économique avec l’Algérie qui concerne l’agriculture, le tourisme et l’investissement dans de nombreux projets de PME en Algérie tomberont à l’eau. Que gagne l’Espagne avec un rapprochement avec le Maroc ? En fait rien sauf le fait que le Maroc empêchera de laisser les migrants africains de passer en Espagne via les enclaves de Ceuta et de Melilla. Maigre résultat en vérité en vue des enjeux stratégiques qui secouent actuellement l’Europe entière.  Aujourd’hui ce n’est pas le Maroc qui est le maître du jeu c’est l’Algérie car notre pays a toutes les cartes maîtresses en mains. Dans peu de temps la péninsule ibérique comprendra son erreur lorsque les espagnols constateront une pénurie d’énergie et quand ils prendront la mesure de l’augmentation fulgurante de leurs factures de gaz et d’électricité. Pedro Sanchez a fait un très mauvais calcul et l’opposition de droite au parlement espagnol qui a toujours soutenu le processus d’autodétermination du peuple sahraoui prôné par l’ONU a désormais toutes les chances d’accéder au pouvoir en poussant l’actuel chef de gouvernement à la démission. C’est fatalement ce qui arrivera lorsque les Espagnols se plaindront de plus en plus de l’érosion grave de leur pouvoir d’achat.

 

 

 

 

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