Le procès des frères Benamor se poursuit. Les deux accusés sont accusés d’avoir jouissance de privilèges indus, dilapidation de deniers public et blanchiment d’argent. Ils devront donc répondre à ces accusations. Les deux ex premiers ministres, en l’occurrence Sellal et Ouyahia ont été convoqués par le tribunal pour se présenter à la barre. Sellal, pour des raisons de santé n’a pas comparu. Par contre Ouyahia y était.
Ce dernier répondait assidûment aux questions du juge qui préside le tribunal. Selon l’ex premier ministre toutes les accusations concernant son implication directe ou indirecte avec le procès actuel ne le concernent pas. Aux questions précises du juge, Ouyahia répondait toujours qu’il ne faisait qu’appliquer les lois de la république qui ne faisaient aucune distinction entre les entreprises publiques et privées. Alors pourquoi a dit le juge avoir commandé des quantités supplémentaires de blé alors que le pays n’en n’avait pas besoin puisque les silos étaient saturés. Pour le magistrat ce n’est rien d’autre que du gaspillage de l’argent public. L’autre question gênante du juge concerne l’octroi de ce surplus de blé aux moulins des frères Benamor alors qu’un tel surplus aurait dû être stocké et servir plus tard à rééquilibrer nos approvisionnements en blé en baissant la facture des importations.À cette série de questions l’ex premier ministre a répondu sommairement en ne donnant aucune explication plausible. Sentant qu’il était sur une mauvaise pente Ouyahia dirigea son intervention vers une autre denrée sensible, le sucre, alors qu’il n’a jamais été question de ce produit dans cette affaire. Selon lui il avait évité à l’Algérie de connaitre un printemps arabe car la rue commençait à s’agiter. Pour Ouyahia le fait d’importer au-delà de ce qu’il fallait comme produits de première nécessité c’était de la prévention et uniquement cela. En fait si on prend à la lettre ce que dit l’ex premier ministre ces importations supplémentaires de produits de consommation répondaient à un acte politique. En réalité Ouyahia durant tous ses exercices a toujours privilégié un cercle d’hommes d’affaires au détriment d’autres. Se rangeant toujours derrière l’obéissance aux ordres venus du sommet il réussit ainsi à esquiver tout ce qui concerne précisément sa gestion des affaires du gouvernement. En réalité le sommet de l’État même s’il fermait les yeux sur les agissements du principal responsable des affaires publiques n’était pas l’ordonnateur principal de cette déliquescence comme beaucoup de gens le supposent. Si les lois étaient détournées au profit de particuliers c’était incontestablement l’affaire du chef du gouvernement et de personne d’autre mais comme au sommet de l’État le président de la république n’occupait qu’une fonction d’apparat car étant dans l’impossibilité de prendre les décisions qui s’imposent, souvent par ignorance de ce qui se tramait à son insu, ceux qui exerçaient le pouvoir en son nom agissaient comme bon leur semblait et souvent au mépris des lois qu’eux-mêmes avaient soumis à l’approbation du parlement. En fait les rouages de l’État étaient dans un total dysfonctionnement et cela rendait alors possible toutes les dérives que l’on a connues au cours des dix dernières années. C’est-à-dire depuis que l’ex président défunt était cloué dans un fauteuil roulant. À présent que la nouvelle direction politique du pays est plus que jamais déterminée à poursuivre tous ceux ou celles qui d’une manière ou d’une autre ont failli à leurs missions en prenant des décisions inappropriées et le plus souvent contraire à toutes les réglementations adoptées, toutes les explications fournies par ceux qui étaient aux commandes du pays et dont la plupart sont actuellement emprisonnées ou en fuite, sont battues en brèche car les magistrats ne sont plus soumis à des pressions. Libres de leurs actions et agissant dans le cadre du droit ils peuvent ainsi disséquer ce qui se faisait dans le cadre strict et loyal des lois et réglementations de ce qui se pratiquait dans la réalité et souvent ils aperçoivent des failles et des zones d’ombre contraires à l’exercice des lois. Le challenge est difficile,il faut en convenir mais la lumière de ce qui se faisait pendant des années doit être faite quel qu’en soit le prix.
