Récupération des déchets à Mila:
Beaucoup reste à faire

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La récupération des déchets reste très modeste à Mila. Une infime partie seulement de la masse quotidienne des détritus collectés est récupérée ; le reste est abandonné en l’état au niveau des principaux centres d’enfouissement technique de la région. À présent, le taux des déchets récupérés, tout type confondu, n’atteint pas le seuil des 2% à l’échelle de la Wilaya. Sur la période allant de 2010 à 2020, les CET de la région ont collecté une masse de déchets estimée à 449 874 tonnes ; or, sur ce volume, seuls 7 445 tonnes, essentiellement des matières plastiques, ont été récupérées, soit environ 1,66%. Ces chiffres nous ont été révélés tout récemment par des cadres techniques du secteur. À souligner que le taux de 1,66% représente le ratio de récupération au niveau de l’ensemble des CET, au nombre de quatre, de la Wilaya ; car au CET de Ouled Bouhamma, l’activité de récupération est plus importante : ce site est mieux outillé en moyens humains et matériels que les autres. Aussi, la masse des ordures récupérée y avoisine les 7% ; ce qui est considéré comme une prouesse. Pour ce qui est des motifs résidant derrière la faiblesse du volume de déchets récupérés, nos interlocuteurs évoquent un ensemble de causes, en somme objectives. Ils déplorent, en effet, l’absence de tri à la source et d’une machine de tri sur les sites des dépotoirs. « La séparation et le tri des ordures se font à la main ; nous n’avons pas de machine de tri et puis, même le tri à la source n’existe pas : dans un même bac à ordures, on peut trouver de tout, du verre, du plastique, du papier ; ce qui complique la tâche de séparation de ces matières une fois débarquées au CET », précisent nos interlocuteurs, qui appellent les autorités municipales à doter les services de voiries de camions-bennes et de bacs à ordures adaptés à chaque type de déchets pour faciliter, d’une part, les opération de tri et, d’autre part, rentabiliser la masse des ordures collectée.
À notre question de savoir si le CET de Mila ne compte pas de se doter d’une machine de tri, nos interlocuteurs précisent : « Pour le moment, ce n’est pas évident ; car la masse quotidienne des ordures est inférieure à la norme. Nous collectons 205 tonnes par jour et la norme veut qu’on ait au moins 400 tonnes par jour pour pouvoir exploiter une machine de tri » Notre source souligne, par ailleurs que si on équipait le CET d’une telle machine, on serait alors dans l’obligation de libérer de nombreux ouvriers. Rappelons que lors d’une journée de formation organisée par la direction de l’Environnement au profit des journalistes accrédités à Mila, la directrice du secteur avait plaidé la création de PME spécialisées dans la récupération et le recyclage des déchets, dans le cadre des dispositifs d’emploi de jeunes, comme elle avait appelé les étudiants universitaires et des instituts nationaux de s’impliquer dans ce domaine par l’inscription de thèses d’études sur la gestion des déchets.

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