Que deviendra CEVITAL sans Rebrab:
L’homme d’affaires algérien annonce sa retraite

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Dans son message adressé au collectif des travailleurs du journal « Liberté » qui ne parait plus depuis le 14 avril dernier, le milliardaire algérien patron du puissant groupe industriel Cevital a parlé de sa succession. Avançant la thèse de son âge avancé il a mis en exergue son départ prochain à la retraite et dit qu’il passe désormais le flambeau.
Il faut imaginer l’inquiétude voire le désarroi des milliers d’employés du plus puissant groupe industriel privé d’Algérie. Sans le boss, comme l’appellent familièrement l’entourage qui a travaillé avec lui depuis de nombreuses années qui sera capable de diriger le groupe ? C’est la question qui fait aujourd’hui débat au sein de ce conglomérat qui touche l’agro-alimentaire mais aussi l’électroménager sans parler d’autres activités industrielles qui ont du poids dans le paysage économique du pays. Issad Rebrab, cet homme parti pratiquement de rien a su, grâce à son génie personnel, intervenir dans des secteurs clés de l’économie, jusque-là gérés par l’État à travers un ensemble d’entreprises publiques qui n’ont pas pu s’imposer face aux importations effrénées encouragées par l’État de l’époque qui ont complètement mis KO ces EPE. C’est là qu’intervient Issad Rebrab qui a repris à son compte tous les objectifs assignés aux entreprises publiques laissées pour compte en valorisant des activités industrielles par ses propres financements. C’est ainsi que progressivement Cevital est né et a pu faire face aux prédateurs de l’import-export en produisant localement des produits de qualité et à un moindre prix. Le pari engagé par cet homme d’affaires a de tout temps dérangé ceux qui étaient au sommet de l’État qui faisaient tout pour mettre des bâtons dans les roues de cet industriel audacieux qui a toujours su investir là où il le fallait. Sachant qu’il devait, pour faire fructifier son groupe un financement extérieur que l’État de l’époque lui refusait ou dans le meilleur des cas lui en octroyait au compte-gouttes, il se tourna alors vers l’international en achetant des usines d’équipements électroménager en Espagne et en France et en concluant un partenariat dans la sidérurgie en prenant des parts dans une usine sidérurgique italienne en difficulté. Ces appropriations lui ont permis de remettre à flot ces acquisitions. Rebrab commençait ainsi à se faire connaitre à l’étranger. Son coup de maître a été celui de convaincre le président français Emmanuel Macron de lancer un projet d’usine d’eau recyclée et parfaitement consommable. Ne s’arrêtant pas sur sa lancée il se rendit au Brésil à la demande d’industriels de ce pays pour négocier des projets agro-alimentaires dans ce pays. Patriote avant tout Rebrab malgré toutes les contraintes qui lui étaient imposées par le régime politique de l’époque a quand même réussi à construire deux usines d’électroménager, l’une à Batna, l’autre à Sétif. S’éloignant du champ politique il a toujours maintenu une neutralité positive qui désarçonnait ses ennemis et qui freinait le pouvoir d’alors dans ses ambitions de le neutraliser complètement. L’État de cette période ne pouvait se permettre d’attaquer ouvertement et frontalement un homme qui employait des milliers de travailleurs et dont les activités qu’il dirigeait fonctionnaient très bien. Après le renversement de l’équipe dirigeante par un mouvement populaire de grande ampleur et alors que le pays continuait à manifester son désappointement et son aversion pour un pouvoir qui a exercé son autorité pendant vingt ans, le pays se remettait à fonctionner au ralenti. Ce n’était pas le cas du groupe industriel dirigé par Rebrab, dont les activités continuaient à prospérer ce qui lui valut les encouragements du nouveau président de la république qui connaissait bien cet homme et qui savait qu’il était la cible privilégiée de l’ex clan présidentiel dont lui le nouveau chef de l’État en était une. À présent que le pays reprend la route du redressement, qu’il possède des institutions qui ne sont plus l’otage d’oligarques ou d’hommes d’affaires véreux, que la loi prime sur l’idéologie et que la conjoncture économique est plus favorable que jamais avec de nouvelles lois très souples aux investissements nationaux et étrangers le temps pour Rebrab de décrocher est venu. Cela ne veut pas dire pour autant que cet homme d’affaires émérite ait décidé de se mettre définitivement à l’écart des grands projets industriels qui se dessinent pour l’horizon 2030 et on pense notamment aux énergies renouvelables dont l’homme d’affaires algérien est un fervent partisan. Rien ne dit, en effet, qu’il ne mette pas, encore une fois les mains dans le cambouis, certes pas directement comme il l’a toujours fait jusqu’ici mais avec cependant toute l’énergie et l’esprit créatif qu’on lui connait. Il reste néanmoins le problème de succession de l’autorité du groupe Cevital. Une chose est sure Rebrab n’abandonnera pas son fleuron industriel sans être sûr et certain qu’il sera dirigé avec un maximum de compétence.

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