La réélection d’Emmanuel Macron à la présidence de la république française mettra-t-elle fin à toutes les incertitudes qui existent encore surtout du côté algérien ? Une chose est sure l’apaisement est acquis, il n’y aura pas de remise en cause des relations politiques entre les deux pays car le danger d’une présidente viscéralement hostile à l’Algérie est à présent écarté pour les cinq années à venir. Il n’en demeure pas moins que tant que la question mémorielle ne sera pas réglée entre les deux pays il y aura toujours ce manque de clarté et de confiance mutuelle qui subsistera et qui rendra difficile un rapprochement significatif entre les deux pays. Le président français qui a mis cette question sur la table avant qu’il ne soit empêché d’aller plus loin dans sa tentative à cause de la pandémie et l’approche de l’échéance de l’élection présidentielle a à présent toute latitude pour remettre sur son bureau ce dossier de la mémoire et trouver un compromis acceptable pour les deux pays car jusqu’ici il n’y eut qu’une simple ébauche or il faut aller beaucoup plus loin dans cette affaire car celle-ci conditionne toute future avancée dans les relations entre les deux pays.Si la France veut élever à son plus haut niveau un partenariat mutuellement profitable elle devra faire des concessions. Sans celles-ci on se contentera d’un statu quo et celui-ci finira, à la longue, par un déclin progressif qui entraînera les deux pays dans une sorte de no-mansland relationnel. Ce ne sera ni bon ni pour Paris ni pour Alger. Le président Tebboune dans son message de félicitation adressé à son homologue français tend la perche à ce dernier. À Macron de la saisir à bras le corps et pas du bout des doigts. Il faudra néanmoins attendre les prochaines élections législatives en France qui auront lieu en juin pour avoir une idée plus ou moins précise sur ce que fera Macron à propos de l’Algérie. S’il obtient une majorité au parlement il aura alors les coudées franches.
