Partis politiques:
Le grand sommeil

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La constitution révisée a ancré le multipartisme. Là-dessus personne ne peut le nier. Les mécanismes de la démocratie parlementaire existent bel et bien et pourtant les partis politiques s’auto marginalisent. Pour quelle raison ? En fait ils ne se réveillent que pendant les échéances électorales mais entre-temps ils hibernent. Ce n’est donc pas étonnant que les citoyens boudent ces partis et que l’abstention, en période électorale bat des records.
Cela a toujours été le cas même si dans l’ancien régime politique qui a gouverné le pays pendant vingt ans on prenait soin de maquiller les résultats des scrutins en les gonflant démesurément pour faire croire que les Algériens votent massivement or on sait que ce n’est pas vrai. Avec l’éviction de ce système politique qui se moquait ouvertement de l’opinion publique et toutes les sensibilités politiques existant au sein de celle-ci on a mesuré l’ampleur de la désaffection d’une grande partie du peuple. Le taux d’abstention des citoyens n’est plus caché. Il environne les 67% ; Cela veut dire que seulement 33% ont voté pour les présidentielles, les législatives et les élections locales. Cela pose le problème de la représentativité d’une grande majorité du peuple qui ne croit plus aux partis politiques qu’elle estime qu’ils sont incapables de donner un sens à des revendications qui touchent leur quotidien. Les partis politiques qui existent depuis des décennies n’ont jamais été au plus près des citoyens dans les moments difficiles leurs programmes sont souvent irréalistes et se concentrent souvent sur des considérations idéologiques, lesquelles ne suscitent aucun intérêt pour le peuple. À quoi bon, en effet d’intensifier un discours religieux, identitaire ou laïc pouvant aller jusqu’aux extrêmes alors que le citoyen demande simplement un accès à une vie meilleure grâce à un pouvoir d’achat accessible pour toutes les couches de la société, à une diminution du chômage constante, à l’accès au logement, à une programmation progressive d’une diminution des inégalités sociales. L’État nouveau, issu de l’élection présidentielle de décembre 2019 a compris qu’il fallait instaurer une verticalité du pouvoir en prenant soin de ne pas heurter de manière frontale les représentants élus au parlement. C’est pour cela qu’il mise surtout sur la société civile tout en laissant aux partis traditionnels représentés aux deux chambres la possibilité de débattre et de s’opposer à la politique de l‘exécutif. Est-ce que cela commence à apporter ses fruits ; Dans une certaine mesure, on peut dire que oui car chez ceux des élus indépendants il y a actuellement une minorité agissante qui s’exprime et qui débat de manière sérieuse avec le gouvernement. C’est certes un début et on peut même dire que ce n’est qu’un balbutiement mais le fait que certains députés contestent des procédures justifiée et légitimes car inscrites dans la constitution ce n’est déjà pas mal et cela risque même de s’étendre à d’autres députés indépendants qui veulent, eux aussi, peser de leur poids en s’exerçant au débat parlementaire qui a toujours été bloqué sous l’ancien régime politique avec le système de l’alliance présidentielle. Les partis d’opposition de l’époque faisaient certes de la contestation mais celle-ci n’avait pas la moindre chance d’aboutir à un résultat. Dans le nouveau contexte actuel l’idée même d’une alliance ou d’une majorité présidentielle est tout simplement exclue par le président de la république qui estime, à juste titre d’ailleurs, qu’il a été élu par la société civile et les citoyens qui voulaient un changement profond dans la manière de gouverner. Alors s’achemine-t-on vers une autre forme de démocratie qui verra émerger dans les années à venir une participation plus importante des citoyens dans la vie publique car la vie politique est et restera réglementée par le parlement ? Il faudra pour ce faire changer le mode électoral local en introduisant un collège citoyen aux côtés d’élus locaux pouvant faire la différence et dynamiser la vie publique autrement notamment dans les villes de cent mille habitants et plus. L’autre exigence d’une démocratie participative aux cotés de celle qui existe déjà concerne la parité femmes-hommes. On en est encore loin mais celle-ci est rendue plus que jamais nécessaire car les femmes ont démontré et brillamment que leur implication n’est jamais figurative mais initiatrice. Cette convergence entre la participation féminine et masculine ne pourra qu’apporter des résultats concrets aux problèmes vécus par les citoyens sur les plans économiques et sociaux mais aussi environnementaux. À l’avenir l’État et ses ambitions affichées ne pourra plus se contenter de l’unanimité de façade mais doit introduire un contre-pouvoir citoyen pour arriver à instaurer cette harmonie indispensable à la vie démocratique.

 

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