Amira Saadi une jeune Annabi nous raconte son expérience d’étude en France:
Devenir ‘’ Leader developper ‘’ est mon objectif 

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 La surnommée ‘’ Pocahontas ‘’. Une jeune fille dynamique, souriante et pleine d’ambition, a obtenu son Master d’informatique à Grenoble et s’est lancée aussitôt dans son premier «job» en tant que Développeuse Web à l’entreprise Neoxia. Un travail sympa mais qui demande néanmoins de la rigueur, de la ponctualité, de la réactivité, de la rapidité et surtout de l’intelligence. En venant passer quelques semaines de vacance à Annaba, elle a accepté de partager son expérience avec nos lecteurs…Pour leur donner un peu de ces pincées d’espoir.

Aujourd’hui l’entreprise : Pouvez-vous vous présenter à nos chers lecteurs ?

Amira: Je m’appelle Amira Saadi, j’ai 25 ans. Je travaille en tant que développeuse Web en France, précisément à l’entreprise Neoxia. C’est une entreprise qui se distingue par sa capacité à répondre aussi bien aux enjeux des start-ups à la recherche d’un partenaire technologique capable de prendre en charge le design, le « delivery » et même le « run » de leurs plateformes sur le « Cloud ».

J’aime passer mon temps, beaucoup plus, dans la lecture des romans et des comics, ou bien aller flâner dans des musées et dans le théâtre. Mon amour pour le théâtre est unique en son genre, car j’ai pu avoir une chance d’intégrer ce domaine en Algérie et cette expérience est gravée dans mon cœur et le restera à jamais.

Je vous raconte…Avant de partir en France, j’ai participé à un des ateliers théâtre organisé par l’IFA en 2019, où j’ai rencontré des gens formidables. J’ai joué le rôle de Valère dans la pièce Tartuffe. Ce Valère qui est l’amant de Mariane, avec son caractère généreux et sincère. À force d’avoir aimé le personnage j’ai appris le texte par cœur et j’ai joué la scène avec tout mon être, mais malheureusement  j’ai dû laisser tomber la troupe puisque j’étais acceptée pour étudier en France. C’était l’une des choses qui m’ont fait pleurer, j’étais vraiment confuse, heureuse que mon rêve d’étudier en France se réalise et triste que j’aille quitter la troupe qui était comme une deuxième famille pour moi. Les larmes aux yeux j’ai appelé chaque membre de la troupe pour leurs dire au revoir, pour demander pardon que je vais les laisser au milieu de cette belle aventure…Hélas, mon avenir compte plus que tout et c’est normal.

Toutefois, quand je suis revenue à Annaba ce mois ci, pour mes vacances, la première chose que j’avais faite après avoir vu ma famille, c’était de recontacter les membres de la troupe et là c’était la surprise !  J’ai pu participer à la restitution de l’atelier dans sa 4ème édition, j’ai incarné le rôle d’une féministe extrémiste, dans la scène ‘’ Le sexe supérieur ‘’. De Pocahontas (mon nom de code dans le premier atelier théâtre), à Valère dans Tartufe, jusqu’à Clotilde. Enfin bref, j’ai fait de mon mieux comme d’habitude pour vivre ce moment cruciale.

Un bref résumé de votre parcours d’étude à Annaba ?

À Annaba, une fois mon BAC scientifique est en poche, j’ai fait une licence en Informatique et un master 1 spécialité Big Data, après 5 ans d’étude.

Pourquoi avez-vous choisi de vous diriger vers la filière informatique ?

On peut dire que ce n’était pas le premier choix. Mais vu les options qui se présentaient à moi et alliant mon attirance pour les maths, ma décision était vite prise…Devenir développeuse en Web était ma dernière ligne Droite.

Vos objectifs avant l’obtention de l’acceptation à Campus France !

Honnêtement ! Depuis toute petite, je me disais que je continuerais mes études en France. C’était mon rêve.

Mais, j’ai tracé un objectif dans le cas ou je ne pourrais pas quitter l’Algérie, c’est celui de faire un doctorat.

Dites nous  comment était  la phase de la prés-inscription, qui est qualifiée ‘’ d’incertaine ‘’ pour la plupart des étudiants…

Oui la pré-inscription à l’université est la première étape. Il faut avoir une note minimale d’au moins  15 / 20 en langue française au bac, ainsi qu’il est obligatoire de réussir à un test de connaissance de la langue française, soit le TCF ou le Dalf.  Je précise, la candidature à l’inscription dans les universités françaises s’effectue suivant un choix de filière qui n’est pas systématiquement accepté. Sachant que je me suis inscrite deux fois à Campus France et que je n’ai pas été accepté, je pensais que ma troisième tentative serait un échec, mais je me disais que je n’allais pas baisser les bras.

Quelle était votre réaction par rapport à cette acceptation ?

Je n’ai pas cru mes yeux quand j’ai vu la réponse qui était favorable ‘’en vert’’ devant le nom de l’université. J’étais vraiment très fière de moi. J’ai commencé par prendre contact avec des cousins et des amis qui m’ont renseigné sur le mode de vie ici et le fonctionnement des universités françaises  et tout le reste.

 La grande peur de l’obtention d’un visa d’étude…Comment était cette étape ?

Oui la demande du Visa était la deuxième étape difficile. J’avais très peur d’être déçue. Je farfouillais tout les jours sur les groupes Facebook pour ne pas rater aucune information. Mais ma famille était là pour moi, en m’aidant à préparer le dossier. Pour le visa ça a été trop vite, même moi je ne m’y attendais pas.

Comment étaient votre premier voyage, votre installation et vos démarches une fois en France ?

Alors, je suis déjà allée en France. Je n’avais pas vraiment peur du voyage en lui-même, mais du fait de vivre toute seule dans une ville que je ne connais pas, sachant que mes tantes et oncles vivaient dans des villes différentes de la mienne. Les démarches administratives n’étaient pas compliquées à faire, pour ma part, mais le fait de préparer ça et assister aux cours de 08h00 du matin jusqu’à 17H00 du soir était très éprouvant.

Est-ce que tu étais obligée de travailler à temps partiel pour financer tes études ?

Bah Moi ! J’ai eu la chance de ne pas avoir besoin de travailler quand je faisais mes études. Ma tante paternelle m’avait prise en charge et c’est grâce à elle que j’ai pu faire mon cursus de Master et à cette occasion je la remercie vivement, car ce n’est vraiment pas facile de travailler et d’étudier en même temps ‘’ Merci tante Dalila ‘’.

Souvent les étudiants rencontrent des difficultés pour trouver un logement,  est-ce que tu as rencontré le même problème ?

Sachant que j’ai fait mes études à Grenoble, la recherche de logement est plus facile, mais pas du moins joyeuse. J’avais trouvé un appartement de 15m²…C’était mieux que Rien franchement.

Votre faculté, vie, hobbies, quotidien,…votre nouvelle vie…Partagez avec nos lecteurs cette expérience… Y a-t-il des regrets ?

C’est sûr que vous allez vous attendre à cette réponse. Pas de regret. J’ai fait mon cursus de master en Informatique à l’université Grenoble-Alpes. Le campus était très beau. J’ai fait du demi-fond pendant 3 mois. Ensuite, il y a eu la Covid qui a tout chamboulé. Il y avait un groupe d’étudiants maghrébins/maghrébines dont je me suis liée d’amitié et qui nous a permis de s’entraider quand il y avait des coups de blues. C’est une expérience qui m’a changé. Ça m’a permis de grandir, prendre mes responsabilités mais surtout devenir autonome sur pleins de plans.

 Des conseils à donner pour les futurs intéressés par le Campus France

Mon conseil se serait de bien se renseigner sur les universités que vous voulez choisir, que vos motivations soient en accord avec vos choix, et qu’il  faut surtout s’attendre à travailler dur pour pouvoir réussir. Ne lâchez pas prise, même-ci vous recevez plusieurs refus, réessayer encore et encore n’abandonnez jamais vos rêves, croyez en vous et en Dieu surtout et tout ira à merveilles

 Amira ! Après ce grand pas dans ta vie, quelles sont vos ambitions professionnelles ?

Mes ambitions seraient d’évoluer dans l’entreprise à laquelle je suis actuellement, d’acquérir plus d’expérience et devenir ‘’ Lead developper ’’. Je travaille pour ça et pourquoi pas une deuxième interview avec votre quotidien le jour, où j’atteindrais mon but

Comment était votre premier retour à Annaba ? Comptez-vous un jour revenir en Algérie ?

Mon premier retour était émotif. J’ai versé ma petite larme en voyant Annaba de l’hublot. Mes parents me manquaient, ma famille me manquait et mes amis me manquaient ainsi. J’ai recontacté tout le monde, j’avais l’envie de visiter chaque coin de la ville et comme on dit « Le temps passe vite quand on est heureux. ». Concernant l’option de revenir en Algérie, franchement, ces derniers temps, j’y pense à cette éventualité. Par contre si je reviens, c’est pour créer un projet pas pour y vivre, je me sens bien en France aussi.

 Cette interview est une sorte de coup de pousse pour chaque jeune rêveur et on imagine qu’il y en a beaucoup, à cet égard quel message pouvez-vous  passer à nos lecteurs ?

Ce que je peux dire c’est que rien ne s’obtient facilement, il faut travailler et se donner le temps et les moyens de réaliser ses rêves. J’espère vraiment que mes mots donneront un atome d’espoir pour notre jeunesse. J’espère aussi qu’un jour chacun d’entre eux aura l’occasion de raconter son expérience car ces quelques mots pourront changer une vie, pourront donner espoir à une personne qui vit dans le doute de l’échec, pourront simplement dessiner un sourire et comme ça moi et toi on pourra dire qu’on a laissé notre trace quelque part dans cette vie.

« Merci en tout cas pour l’idée de cette interview », je me dis vraiment que j’ai accompli quelque chose d’important dans ma vie, c’est pour cela que vous vous êtes intéressée à moi et au passage je remercie grandement mes parents qui étaient présents pour moi dans chaque étape de ma vie. Je suis très contente du fait qu’ils soient fiers de moi et qu’est ce que je deviens.    

Propos recueillis par Hadjer Bouazizi

 

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