Le prix du baril d’or noir dépasse désormais les 120 dollars, 130 pour le
Sahara Blend. C’est une excellente nouvelle pour notre pays qui vient, avec
accord de l’OPEP, relever sa production /jour à plus d’un million de barils.
Actuellement Sonatrach étend ses périmètres d’exploration. Elle le fait avec
de nouveaux partenaires étrangers qui ont signé des contrats en ce sens ou
d’autres qui vont le faire bientôt.
Ainsi la compagnie publique reprend cette initiative qu’elle a perdu au cours de
ces dernières années. Sonatrach a réellement galéré. Beaucoup de ses dirigeants
ont été soit limogés soit ayant eu affaire avec la justice dans des scandales à
répétition qui ont fragilisé ce grand groupe public. Cependant ce qui a surtout
remis sur pied Sonatrach c’est la nouvelle stratégie du gouvernement mise en
place l’année dernière qui supprime la tutelle du ministère de l’énergie et donne
à la compagnie nationale une autonomie de gestion qu’elle n’avait pas ou du
moins qui avait été supprimée à partir de la décennie 80 car au cours de la
décennie 70 l’entreprise nationale, dirigée à l’époque par Sid Ahmed Ghozali
avait atteint le niveau des compagnies pétrolières internationales. Par ailleurs le
trésor public permet aujourd’hui à Sonatrach de garder une partie des bénéfices
engrangés par la vente du pétrole et du gaz. Ce n’est pas rien car avec de tels
dividendes l’entreprise publique pourra aisément investir dans la recherche et
l’exploitation de nouveaux gisements. Cet objectif de performance assigné
désormais à Sonatrach lui permet à nouveau de revenir à l’international avec des
atouts qu’elle n’avait pas et qu’elle vient de les avoir à nouveau. En ce qui
concerne la rentrée de devises provenant de la vente d’hydrocarbures on
enregistre une progression permanente. Aujourd’hui ces rentrées sont estimées à 45 milliards de dollars. Le matelas s’épaissit donc et il n’est pas loin de gonfler à
nouveau. Avec un prix égal ou supérieur à 130 dollars le baril du Sahara Blend il
faut s’attendre à une réelle augmentation de cette prodigieuse rente pétrolière et
gazière car il ne faut pas oublier que si l’Algérie est un producteur moyen de
pétrole notre pays est classé aujourd’hui comme le 10ème producteur mondial de
gaz naturel. Avec la guerre en Ukraine qui n’est pas prête de finir et avec les
sanctions occidentales contre l’achat du pétrole russe dès la fin de l’année en
cours et l’interdiction d’acheter du gaz naturel russe à fin 2023 , la demande
européenne ira en augmentant et l’Algérie , grâce à sa proximité géographique
avec le flanc sud de la Méditerranée ne fera qu’en profiter .C’est justement cette
demande exponentielle d’énergie provenant du pétrole et du gaz naturel qui
s’exprimera , on s’en doute à partir du dernier trimestre de l’année en cours qui
fait réagir aujourd’hui Sonatrach qui prospecte tous les gisements
d’hydrocarbures non explorés et dont les réserves sont parait-il considérables.
C’est donc une course contre la montre pour le groupe public qui est en train de
mettre les bouchées doubles car on sait pertinemment qu’un évènement
imprévisible ou du moins inattendu peut changer la donne à tout moment. C’est
ce qui s’était produit en 2014 alors que personne ne s’y attendait. Des plus des
cent dollars le prix du baril on s’est retrouvé avec un prix avoisinant les 35
dollars. Cette fois-ci il semble que le gouvernement ne voudrait pas se faire
avoir avec n’importe quel improviste. Cette rente pétrolière si généreuse
aujourd’hui, si elle est gaspillée à droite et à gauche comme le faisaient les
dirigeants de l’ancien régime politique pourra devenir un poison pour le trésor
public. D’où la nécessité de la réguler et d’en préserver une grande partie en cas
de coup dur. On sait que le président de la république qui a connu cette période
où on faisait tout et n’importe quoi est tétanisé et son souci de l’économie
permanent représente aujourd’hui un gage suffisant pour l’avenir.
