La route Nationale 44 a été le théâtre d’une tragédie suite à un accident de la route survenu, hier soir à Oued Enil qui a causé la mort d’une femme âgée de 68 ans. Ce drame qui a secoué toute la région d’Oued Enil, a fait réagir les riverains, qui ont observé un mouvement de protestation face à cet accident mortel.
En effet, il est nécessaire de noter que la route en question est dotée d’une passerelle à piétons qui sert à éviter ce genre d’accident.
Bloquer cette route à grande circulation, ainsi que la voie ferrée d’une aussi importante zone estun crime commis par ces citoyens envers d’autres citoyens étrangers à cette situation vu que cette voie est le passage du train menant d’Annaba vers Alger, dont sa circulation était bloquéeun peu plus d’une heure vers 19h30. Ceci relève de l’inconscience, l’incivisme et de l’irresponsabilité des citoyens agissant de la sorte.
Selon les protestataires cet axe est devenu un danger pour les piétons, en réclamant des solutions telles que les ralentisseurs, afin d’éviter à ce que de tels drames ne puissent se reproduire. Néanmoins selon l’Article 27 de la loi n° 1-14 relative à l’organisation, la sécurité et la police de la sécurité routière indique que « L’usage des ralentisseurs et les conditions relatives à leur mise en place ainsi que les lieux de leur implantation sont définis par voie réglementaire. », donc la présence d’une passerelle annule automatiquement l’installation des ralentisseurs.
Toutefois, bloquer la route avec des pierres et en allumant le feu, pour eux, est le seul moyen d’attirer l’attention des responsables sur ce genre de situation.
Fort heureusement, l’Unité de la gendarmerie d’Oued El Aneb est intervenue pour mettre un terme à cette mascarade, en libérant le passage du train qui portait des malades, selon nos sources, afin qu’ils puissent arriver à leurs rendez-vous chez leurs médecins au temps voulu.
Plusieurs protestataires ont précisé que cette route a connue plusieurs accidents du même genre, chose qui nous a poussé à prendre attache avec la cellule de communication de la protection civile, qui nous a dressé un bilan d’accidents mortels au niveau de cette route, qualifiée de point noir. Durant le mois de Juin 2022 la route Nationale 44 n’a connue aucun accident mortel, mise à part l’enregistrement de 8 personnes blessées et la mort de cette dame est considérée comme le premier accident mortel enregistré au niveau de cette route depuis le début de la saison estivale, selon le chargé de la communication de la protection civile.
En ajoutant que la route Ayeb Amar est de même considérée comme une route mortelle, où le 8 juillet aux environs de 22h dans la soirée, une collision de deux voitures a causé la mort d’un individu âgé de 35 ans et la blessure de trois autres âgés entre 24 et 35 ans, généralement les causes du décès sont l’excès de vitesse et le non-usage des passerelles par les piétons, toujours selon notre interlocuteur.
En globalité depuis le début du mois de Janvier jusqu’à ce jour plus de 500 accidents de la route ont été enregistrés par les éléments de la protection civile, en le qualifiant d’un nombre important.
Dans un même contexte, il convient de signaler qu’à cet égard, la police nationale a tenu à rappeler dans un message rendu public sur ses réseaux sociaux, trois règles élémentaires du Code de la route sur les passages piétons. Règle 1; la priorité absolue aux piétons sur les passages cloutés, délimités par des bandes blanches rectangulaires parallèles à l’axe de la chaussée, au niveau des passages cloutés, la priorité doit être obligatoirement donnée aux piétons. Règle 2; l’interdiction de stationner sur un passage clouté, réservé exclusivement aux piétons, il est strictement interdit de stationner sur un passage clouté. Règle 3 ; dépassements interdits à proximité des passages piétons, c’est à dire qu’à l’approche des passages piétons, il est interdit pour les conducteurs d’effectuer des dépassements au risque de provoquer des accidents mortels.
Toutefois, en Algérie, le refus de priorité de passage aux piétons au niveau des passages piétons est considéré comme un délit de troisième degré et peut être puni d’une contravention allant de 2.000 à 4.000 DA.
Paradoxalement, au niveau de la wilaya d’Annaba on remarque bel et bien que les piétons ne respectent aucunement les passages piétons mis à leur disposition pour éviter les accidents, néanmoins les citoyens passent la route à tout moment et où ils veulent, chose qui fait tomber leur droit en cas d’accident. De même pour les passerelles piétonnes qui sont construites un peu partout dans les autoroutes et qui ne sont pas utilisées ou qui sont rarement utilisées par les piétons, faute de civisme.
Pour mieux argumenter ce passage, la Loi n° 01-14, relative à l’organisation, la sécurité et la police de la sécurité routière indique dans son deuxième chapitre » Principes généraux « , précisément dans l’Art. 35 que » Les piétons sont tenus, pour traverser une chaussée, de s’assurer au préalable qu’il n’existe pas de danger immédiat et tenir compte également de la distance et de la vitesse des véhicules y circulant et d’utiliser les passages matérialisés, spécialement prévus à leur intention dits « passage piétons » toutes les fois qu’un tel passage se trouve à moins de 30 m.
La traversée de la chaussée doit se faire en ligne droite, c’est à dire perpendiculairement, à l’axe de la chaussée. Il est interdit aux piétons de s’immobiliser sur la chaussée. »
Pour conclure, on peut dire que le mouvement de protestation de ces habitants est parti d’une mauvaise base, et qu’il est essentiel pour chaque citoyen de bien apprendre le code de la route avant de l’utiliser…Soyons civilisés.
